L’Obs: déjà 41 candidats au départ volontaire

PARIS, 18 janvier 2017 (AFP) – Quelque 41 salariés de L’Obs (sur 180) se sont portés candidats à un départ volontaire du magazine, a-t-on appris mercredi auprès d’un syndicat et de la direction, alors que cette dernière vise 38 départs.

« Nous avons reçu 41 dossiers de candidatures volontaires, soit 40 équivalent temps-plein, davantage que ce que nous attendions », a déclaré à l’AFP la déléguée SNJ Marie-Hélène Clavel, après d’un comité de suivi du plan qui a réuni lundi des représentants du personnel et de la direction du premier newsmagazine français.

Parmi les candidats au départ figurent une quinzaine de journalistes du « print » (édition papier) et quatre rédacteurs web.

Une seconde phase du plan permettra à d’autres salariés de se porter candidats pendant encore quelques jours. La direction a indiqué qu’elle s’exprimerait officiellement à l’issue du processus.

Pour l’instant, en termes de catégories de personnels, les départs envisagés ne correspondent pas entièrement aux attentes de la direction, qui en veut davantage dans le « print » et moins dans d’autres catégories (assistant(e)s, iconographes…), selon la déléguée SNJ.

« Nous n’accepterons jamais de départ contraint », a-t-elle prévenu, souhaitant que la direction s’adapte en acceptant les changements de catégories nécessaires. « Nous ne sommes pas très loin, mais il y a des problèmes d’ajustement », a-t-elle conclu.

En septembre, la direction du magazine, détenu depuis 2013 par le groupe Le Monde et toujours déficitaire, avait présenté aux salariés ce plan, qui doit ramener les effectifs d’environ 180 à 140 personnes.

Cette coupe s’ajoutera à la cinquantaine de départs volontaires de 2013-2014, dans le cadre de la clause de cession. Le magazine perd 3,5 millions d’euros par an, selon le SNJ.

L’Obs (359.000 exemplaires), qui devance ses concurrents Le Point (325.000 exemplaires) et L’Express (280.000), a vu ses ventes reculer de 15% ces douze derniers mois, après -13% en 2015.

La situation est également tendue à L’Express, dont les effectifs ont été drastiquement réduits depuis son rachat début 2015 par le groupe Altice, propriétaire de SFR, à une soixantaine de journalistes contre 110 en 2014. Ses ventes ont chuté de 22% ces douze derniers mois, après -16% en 2015. La direction a cessé la parution du mensuel L’Expansion et des éditions régionales de L’Express.

Le Point, détenu par François Pinault, dont la rédaction est restée stable à 110 journalistes, a mieux résisté, avec une baisse de 8% depuis 12 mois, après -5% en 2015.

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