Loi El Khomri: François Hollande appelle le patronat à prendre ses « responsabilités »

PARIS, 20 avril 2016 (AFP) – François Hollande a invité le patronat à prendre ses « responsabilités », appelant les partenaires sociaux au « compromis », et a réaffirmé sa volonté de « réformer jusqu’au bout » de son mandat, dans une interview à l’Echo Républicain à paraître jeudi

« Le patronat doit comprendre qu’il ne peut pas demander à l’État de faire davantage pour alléger les charges des entreprises, sans que lui-même prenne ses responsabilités », a souligné le président de la République, interrogé sur les déclarations du président du Medef, Pierre Gattaz, qui a menacé de se retirer de la négociation d’assurance chômage si « rien ne bouge rapidement » sur le projet de loi travail.

« J’insiste sur +responsabilités+ au pluriel, car chacun doit s’engager. Toutes les organisations, qu’elles représentent les salariés ou les employeurs, doivent chercher le compromis, c’est lui qui assure l’équilibre de notre société », a poursuivi François Hollande.

Pour lui, « il serait paradoxal que ceux qui demandent qu’il y ait moins d’Etat ne soient pas capables de négocier avec les partenaires sociaux ».

Selon François Hollande, le projet de loi El Khomri « a été corrigé et son équilibre a été trouvé ».

Le chef de l’Etat a réitéré d’autre part sa volonté de « réformer jusqu’au bout » de son mandat.

« Ce n’est pas une course contre la montre. C’est une démarche cohérente », a-t-il ajouté.

« Je me méfie de ceux qui veulent tout défaire comme de ceux qui veulent ne rien faire. De ceux qui nous demandent de nous barricader comme de ceux qui veulent +casser la baraque+ pour s’en sortir », a-t-il souligné.

François Hollande a également insisté sur l’action qu’il compte mener avec son gouvernement au sujet de l’économie mondiale.

« C’est la France, a-t-il dit, qui intervient pour que l’Europe fixe des règles sur les grands groupes de l’économie sur Internet, et sur l’obligation de payer des impôts là où ils font leurs bénéfices ».

« Les pays libéraux ont fini par comprendre que, s’il n’y avait plus de matière imposable, il n’y aurait plus de recettes pour leur propre budget. Je continuerai à porter ces thèmes lors des prochains sommets internationaux », a-t-il ajouté.

A propos des négociations pour un traité de libre-échange transatlantique (Tafta), François Hollande a assuré que « si des principes essentiels pour notre agriculture, notre culture ou encore la réciprocité en termes d’accès aux marchés publics étaient mis en cause, la France dirait non ».

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