Loi Travail: fin de la consultation des partenaires sociaux à Matignon

PARIS, 9 mars 2016 (AFP) – La consultation des syndicats et du patronat menée par Manuel Valls sur le projet de loi sur le travail s’est achevée mercredi soir avec l’UPA (patronat) et l’Unsa (syndicat), le Premier ministre mettant désormais « le cap » sur la restitution prévue lundi.

Comme avec les autres partenaires sociaux reçus depuis lundi, le chef du gouvernement, flanqué de ses ministres du Travail Myriam El Khomri et de l’Economie Emmanuel Macron, n’a pas révélé grand-chose de ses intentions, selon ses interlocuteurs.

Matignon s’est aussi montré prudent au sujet de la mobilisation contre le texte à Paris et ailleurs en France (224.000 manifestants selon les autorités, 400.000 à 500.000 selon les syndicats)

« Nous avons suivi cela bien sûr, mais l’heure est pour nous à la construction de la réforme avec les partenaires sociaux et les parlementaires », a souligné l’entourage du Premier ministre, qui insiste sur la « poursuite des consultations et (met le) cap sur lundi et la restitution ».

Du côté de l’UPA, qui représente l’artisanat et donc des petites entreprises, son président Jean-Pierre Crouzet a insisté sur le fait que la branche devait rester l’échelon de référence par rapport aux accords d’entreprises.

« Nous ne sommes pas défavorables à des accords d’entreprises qui pourraient se trouver, mais pour autant, la priorité doit rester les branches », a-t-il déclaré, en sortant de son entretien avec M. Valls et en disant « espérer » des évolutions en ce sens d’ici à lundi.

Quant au barème prud’homal, M. Crouzet s’est inquiété du retour d’éventuels planchers. « On ne veut pas que les plafonds deviennent des planchers », a-t-il dit.

Quant aux manifestations, « ce que nous avons dit, c’est que nous avons beaucoup de collègues qui sont au bord de l’explosion. Probablement pas pour les mêmes raisons que ceux qui sont dans la rue aujourd’hui, mais il faut rappeler que nous sommes dans des situations très difficiles, avec sept entreprises qui disparaissent toutes les heures », a insisté le représentant patronal.

Le secrétaire général de l’Unsa, Luc Bérille, s’est pour sa part dit « mi-rassuré », après son entrevue avec le Premier ministre.

L’entretien « confirme que rien n’est encore arrêté aujourd’hui. Il faut qu’il comprenne que nous avons besoin de signaux significatifs, forts et qui montrent que la concertation ouverte là aura servi à quelque chose », selon le représentant syndical.

« Je comprends qu’il ne nous fournisse pas de réponse définitive aujourd’hui, mais je suis encore dans le doute sur le fait que nous aurons bien satisfaction sur ce que nous avons demandé », a-t-il dit aux journalistes.

Quant à une surtaxe éventuelle des CDD, « cela fait partie des sujets qui tournent, en particulier en ce qui concerne les jeunes avec un recours abusif aux contrats précaires. On l’a évoqué. Est-ce que ça sortira ensuite dans les arbitrages qui sont rendus? Moi, je ne peux pas me prononcer. »

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