Loi travail: la CFDT ne donne pas un chèque en blanc au gouvernement

PARIS, 17 mars 2016 (AFP) – La CFDT s’est félicitée jeudi de sa « stratégie » pour obtenir « une profonde réécriture » du projet de loi travail, présenté lundi dans sa nouvelle version, mais a prévenu qu’elle ne donnait pas pour autant « un chèque en blanc » au gouvernement.

« Cette réécriture permet de passer d’un projet de loi déséquilibré et injuste à un projet de loi potentiellement porteur de progrès pour les travailleurs et pour les jeunes », a redit la centrale dans un communiqué, à l’issue de son bureau national qui s’est tenu pendant deux jours pour analyser le contenu de la réforme.

Pour autant, la CFDT « ne donne pas un chèque en blanc au gouvernement » et reste « mobilisée jusqu’à l’issue du débat parlementaire pour que les modifications obtenues soient effectives et le texte encore amélioré en particulier sur les conditions des licenciements économiques et les accords de préservation de l’emploi ».

Elle se réjouit, entre autres, du retrait du plafonnement des dommages et intérêts aux prud’hommes en cas de licenciement abusif et de la réécriture de l’article sur le licenciement économique.

Elle met également en avant la généralisation de la garantie jeunes, la réaffirmation du rôle de régulation de la branche et les modifications apportées sur le temps de travail (apprentis, astreinte, forfait-jour…).

La CFDT a validé toutes les réformes du quinquennat. Son opposition à l’avant-projet compliquait la tâche de l’exécutif, qui a dû le remanier.

La CFTC s’est également félicitée jeudi des « améliorations obtenues » mais veut « poursuivre son action à destination du gouvernement et des parlementaires afin d’améliorer ce qui doit l’être encore ».

Elle réclame toutefois que sur le licenciement économique, « les difficultés de l’entreprise soient appréciées à l’échelle du groupe auquel elle se rattache, pas uniquement à l’échelle nationale ». C’était également la demande de la CFDT, mais dans les modifications annoncées lundi, le gouvernement s’est limité à accorder un contrôle accru au juge pour vérifier que les multinationales n’organisent pas artificiellement leurs difficultés économiques sur le territoire français pour licencier.

Sur la santé au travail, la CFTC invite le gouvernement à des corrections. La centrale « ne saurait accepter qu’un salarié dont le contrat est suspendu en raison d’une incapacité de travail médicalement constatée fasse l’objet d’une procédure de licenciement ». En outre, « il n’est pas acceptable qu’un salarié déclaré inapte à son poste de travail s’expose au licenciement dès lors qu’il refuse une seule proposition de reclassement ».

La CGT, FO ou Solidaires, mais aussi l’Unef (étudiants) continuent de réclamer le retrait de la réforme, jugée trop favorable à l’entreprise et insuffisamment protectrice pour le salarié. Ce jeudi, quelques dizaines de lycées et campus étaient bloqués. Plusieurs milliers d’étudiants et lycéens sont descendus dans la rue pour s’opposer à ce texte qui doit être présenté en conseil des ministres le 24 mars. Ils appellent à des grèves et manifestations le 31 mars.

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