Loi travail: le Medef appelle les entreprises touchées par les blocages à porter plainte

PARIS, 31 mai 2016 (AFP) – Le Medef a appelé mardi les entreprises touchées par les blocages liés à la fronde contre la loi travail à porter plainte pour « délit d’entrave à la liberté du travail », répliquant ainsi à la CGT, qui a annoncé qu’elle attaquerait son président Pierre Gattaz pour diffamation.

« Face à la persistance d’une démarche assumée et revendiquée de blocage de l’économie française, le Medef incite toutes les entreprises de France dont le fonctionnement est perturbé voire paralysé par ces blocages, à déposer plainte au titre de l’article 431-1 du Code pénal qui prévoit le délit d’entrave à la liberté du travail », indique l’organisation patronale dans un communiqué.

Le Medef précise avoir mis en place « une cellule de crise (…) prête à accompagner les entreprises souhaitant s’engager dans cette démarche ».

« On ne peut plus accepter les actions qui conduisent à bloquer l’économie, à empêcher nos salariés de se déplacer, à rajouter de la difficulté à la difficulté », estime M. Gattaz, cité dans le communiqué.

« Ces méthodes de voyous ne sont plus acceptables », ajoute-t-il, réitérant des propos tenus lundi dans un entretien au Monde, et contre lesquelles la CGT a décidé mardi matin de porter plainte.

Dans cet entretien, le patron du Medef dénonçait l’attitude de la CGT et appelait à « ne pas céder au chantage, aux violences, à l’intimidation, à la terreur », à des « minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes ».

Dénoncées par le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez et celui de la CFDT Laurent Berger, ces déclarations ont aussi suscité des réactions indignées dans le monde politique, en particulier à gauche.

Mardi, le Premier ministre Manuel Valls a jugé que ces propos n’étaient « pas acceptables ». La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a dénoncé de son côté l' »outrance » des propos de M. Gattaz, les jugeant « choquants, bien évidemment », tout en soulignant qu’il y avait « eu aussi parfois de Philippe Martinez des mots qui ont été durs de la même manière ».

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