Loi travail: les syndicats veulent défiler mardi de Nation à place d’Italie (CGT)

PARIS, 24 juin 2016 (AFP) – Les syndicats opposés à la loi travail ont demandé à la préfecture de police de Paris de pouvoir manifester mardi de Nation à Place d’Italie et menacent de poursuivre la mobilisation en juillet si le gouvernement reste « sourd » à leurs revendications.

« Pour l’instant, nous n’avons pas d’autorisation, ni écrite, ni verbale. Rendez-vous a été pris lundi matin avec la préfecture pour obtenir une réponse à cette demande », a déclaré vendredi à l’AFP Pascal Joly, secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France CGT.

S’il est autorisé, le cortège partirait mardi à 14H00, à l’appel de la CGT, FO, Solidaires, FSU, l’Unef, l’UNL et FIDL. La manifestation coïncidera avec le vote du projet de loi travail au Sénat. Les syndicats veulent en profiter pour remettre à l’exécutif les résultats de la votation citoyenne qu’ils ont organisée sur le projet.

L’organisation du précédent défilé, le 23, avait donné lieu à un bras de fer avec le gouvernement. Il avait failli être interdit, l’exécutif mettant en avant des raisons de sécurité après les violences intervenues le 14 juin.

Reçus mercredi par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et Jean-Claude Mailly, numéro un de FO, ont indiqué qu’il leur avait donné un accord de principe pour une manifestation parisienne le 28 juin.

Jeudi, les opposants à la loi travail ont dû se contenter d’un parcours très court de 1,6 km partant de Bastille et revenant sur la célèbre place après une boucle le long du bassin de l’Arsenal. La manifestation, très encadrée par les force de l’ordre, s’est déroulée dans un calme inhabituel depuis le début de la mobilisation en mars.

M. Cazeneuve s’est félicité des « conditions optimales » dans lesquelles s’est déroulée la manifestation, quelques heures avant des dégradations contre le siège de la CFDT, principal soutien de la loi travail, par des personnes participant à une manifestations non autorisée.

– ‘Refus d’entendre de Hollande’ –

Les sept syndicats menacent de poursuivre leur mobilisation pendant le débat parlementaire en juillet, si le gouvernement « reste sourd » à leurs revendications.

« Le président de la République persiste dans son refus d’entendre le mouvement syndical et les 70% de Français-es opposé-es au projet de loi travail. Un tel mépris est inqualifiable », écrivent-ils dans un communiqué commun, au terme d’une réunion qui s’est tenue vendredi matin au siège de la CGT, à Montreuil.

« Le gouvernement a la responsabilité pleine et entière de trouver une issue à cette crise. Si le gouvernement reste sourd », les sept organisations « appelleront à poursuivre la mobilisation durant le débat parlementaire, début juillet », ajoutent-elles.

Les opposants à la loi travail considèrent qu’elle est insuffisamment protectrice pour les salariés et réclament le retrait des articles composant « la colonne vertébrale » du texte: primauté de l’accord d’entreprise sur la branche (inversion de la hiérarchie des normes selon eux), licenciement économique, référendum d’entreprise, accord de développement et médecine du travail.

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