Loi travail: sept militants poursuivis pour « dégradations » au siège du Medef relaxés

PARIS, 10 février 2017 (AFP) – Sept manifestants, pour la plupart intermittents du spectacle, qui étaient accusés de dégradations lors d’une occupation du siège du Medef en juin, ont été relaxés vendredi soir par le tribunal correctionnel de Paris.

« Vous êtes déclarés innocents des faits qui vous étaient reprochés », leur a expliqué la présidente.

Le 7 juin, une soixantaine d’intermittents du spectacle et d’opposants à la loi travail, selon la police, une centaine, d’après les participants et le Medef, avaient fait irruption dans les locaux de l’organisation patronale avant d’en être délogés.

Contre quatre des prévenus, qui étaient accusés de dégradations sur le premier rideau métallique et des portes coulissantes de l’entrée des locaux du Medef, le parquet avait requis la relaxe, car les dégradations n’étaient pas établies.

Trois autres se voyaient reprocher d’avoir endommagé le mécanisme d’un deuxième rideau métallique, que les manifestants avaient baissé pour empêcher la police de pénétrer dans les locaux. Le parquet avait requis à leur encontre une peine d’un à deux mois de prison avec sursis.

L’avocate de six des sept prévenus, Me Irène Terrel, a souligné qu’il n’y avait « pas la preuve de la moindre infraction » contre eux. Au vu des quelque 23.000 euros réclamés par le Medef pour les réparations, l’avocate s’est demandée avec ironie si l’organisation patronale ne voulait pas « refaire sa façade » au frais des intermittents.

A l’issue du délibéré, elle s’est déclarée « très contente que justice ait été rendue », qualifiant ces poursuites d' »intimidation ».

Cette action du 7 juin au Medef doit faire l’objet d’un autre procès, le 11 septembre prochain: Loïc Canitrot, membre de la compagnie militante Jolie Môme et également adhérent de la CGT, est accusé de violences sans incapacité totale de travail à l’encontre du responsable de la sécurité du Medef.

Ce responsable de la sécurité du site, qui avait été emmené à l’hôpital pour des plaies au visage, accuse Loïc Canitrot de l’avoir frappé. Le militant affirme lui avoir reçu un coup de pied dans les parties génitales.

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