Loi Travail: un retrait du texte serait « dramatique pour le pays » (Gattaz)

PARIS, 8 mars 2016 (AFP) – Le président du Medef, Pierre Gattaz, a mis en garde mardi soir le gouvernement contre un éventuel retrait du projet de loi controversé sur le droit du travail, réclamé par certains syndicats mais qui serait « dramatique pour le pays », en sortant d’un entretien avec le Premier ministre, Manuel Valls.

Le patron des patrons a également appelé l’exécutif à ne pas « dénaturer » le texte initial avec « des demi-mesures », face à l’hostilité suscitée par le texte chez les syndicats et dans une partie de la gauche.

« Il faut avancer, il faut continuer, je crois qu’un retrait serait dramatique pour le pays, pour l’économie du pays, et surtout pour le chômage », a déclaré M. Gattaz à la presse, qui lui demandait s’il craignait un recul du gouvernement face à la mobilisation sociale.

« Nous avons rappelé que cette loi était de nature à provoquer des créations d’emplois et notamment en CDI, et donc qu’il ne fallait surtout pas la dénaturer. Il ne faut surtout pas avoir de demi-mesures, ça c’est fondamental », a-t-il dit dans la cour de Matignon, après plus d’une heure d’entretien avec M. Valls et les ministres de l’Economie, Emmanuel Macron, et du Travail, Myriam El Khomri.

« On dit que c’est la loi des patrons. Non! », a plaidé le dirigeant du Medef. « Ce qui est proposé n’est pas révolutionnaire, ce n’est pas le paradis sur terre », a-t-il estimé.

« Nos voisins européens ont mis en place des lois de ce type, en Italie, en Espagne récemment et ont créé des centaines de milliers d’emplois, donc ne dénaturons pas, ne faisons pas de demi-mesures, surtout pas! », a appelé M. Gattaz.

« Il faut être capable de s’adapter, avant qu’il ne soit trop tard », a plaidé le président du Medef, donnant l’exemple du forfait-jour qui, dans le texte initial du projet, permet à l’employeur de recourir à ce régime dérogatoire aux 35 heures sans accord, dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Il a également affirmé que le plafonnement des indemnités prud’homales, dont le retrait est demandé par la CGT, FO mais aussi la CFDT réformiste, était un « point important ».

Manuel Valls poursuivait mardi soir sur deux fronts sa bataille pour le projet de réforme du droit du travail avec, d’un côté, les partenaires sociaux et leurs doléances parfois divergentes, et de l’autre le PS qui réclame une « amélioration », à la veille d’une j