Loi travail: une disposition sur les heures sup’ inquiète les syndicats routiers

PARIS, 11 avril 2016 (AFP) – Les fédérations CGT et FO des chauffeurs routiers seront reçues lundi soir au secrétariat d’État aux transports pour évoquer les potentielles « conséquences dramatiques sur le salaire » du projet de loi travail, a-t-on appris de source syndicale.

Selon le texte défendu par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, un accord d’entreprise pourra abaisser le taux de majoration des heures supplémentaires jusqu’à 10% au lieu des 25% généralement pratiqués.

Dans le transport routier de marchandises, cela « pourrait avoir des conséquences dramatiques sur le salaire ou le temps de travail », indique un communiqué de la CGT-Transports.

Dans ce secteur, en effet, la rémunération est largement gonflée par les heures supplémentaires qui ne sont « pas des heures exceptionnelles » consécutives à un accroissement temporaire d’activité, « mais des heures normales de travail », affirme à l’AFP Jérôme Vérité, numéro un de la fédération.

La loi travail « pourrait faire perdre plus de 1.300 euros de salaire par an avec la diminution à 10%, pour quelqu’un qui fait 200 heures par mois », a-t-il calculé en se basant sur le taux horaire de la convention collective.

Actuellement, les heures sont majorées de 25% à partir de 152 heures travaillées puis à 50% au-delà de 186 heures, selon lui.

M. Vérité « craint » particulièrement pour les salariés travaillant « dans les petites boîtes », notamment chez les sous-traitants où la présence syndicale est faible et la pression des grands groupes, forte.

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