Loi Travail: Valls « assume ses différences » avec la CGT et FO qui manifestent

PARIS, 31 mars 2016 (AFP) – Le Premier ministre Manuel Valls a dit jeudi, jour de mobilisation contre le projet de loi travail à l’appel notamment de la CGT et de FO, « assumer ses différences » avec les deux centrales syndicales, notamment sur le renforcement des accords de branche et d’entreprise.

Avec ce texte, « nous avons souhaité privilégier, comme d’ailleurs des organisations syndicales qui ne manifestent pas aujourd’hui, qu’on appelle réformistes, nous avons souhaité que la négociation soit d’abord dans l’entreprise et bien sûr dans les branches », a-t-il déclaré au Sénat lors de la séance des questions au gouvernement.

Le Premier ministre a affirmé que ce changement se faisait « sans inversion des normes » par rapport à la loi – un point contesté par la CGT et FO – « mais avec la volonté de rapprocher cette négociation, pour que ça soit positif pour l’entreprise comme pour les salariés, au sein de l’entreprise ».

« C’est, on le voit bien, une discussion qui traverse les partenaires sociaux et les formations politiques, donc j’assume, assumez cette différence sur cette vision qui est la nôtre de la démocratie sociale », a affirmé M. Valls, qui répondait à la sénatrice communiste Eliane Assassi qui réclamait le retrait du texte.

Les sénateurs communistes se sont levés pendant la question avec des pancartes rouges sur lesquelles était écrit: « Loi Travail, non merci, retrait ».

Le gouvernement a déjà levé « nombre des inquiétudes » sur le projet de loi sur le Travail, a par ailleurs estimé M. Valls, en allusion aux modifications du texte décidées sous la pression des syndicats.

Des dizaines de milliers de salariés et étudiants défilaient jeudi dans toute la France pour réclamer le retrait de la loi travail, jugée trop libérale, lors d’une nouvelle mobilisation très suivie, émaillée de violences, avec une trentaine d’interpellations et des policiers blessés.

La CGT et FO réclament le retrait du projet. La troisième grande centrale syndicale, la CFDT, hostile à la première mouture, n’y est plus défavorable après les modifications du gouvernement.

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