L’Unédic actualise l’impact financier de la crise du Covid-19 sur l’assurance chômage

PARIS, 6 mai 2020 – Baisse de l’activité, report des échéances de paiement des cotisations, financement de l’activité partielle, hausse des dépenses d’allocations chômage… La crise sanitaire affecte lourdement les finances de l’assurance chômage. Deux notes publiées par l’Unédic le 28 avril 2020, mettent à jour le suivi des premiers effets de la crise pour les mois de mars, d’avril et de mai, ainsi que la stratégie financière de l’organisme gestionnaire du régime pour y faire face.

Le recours massif au dispositif de l’activité partielle et son extension à de nouvelles populations (particuliers employeurs et employeurs publics notamment) amènent l’Unédic à réviser à la hausse les premières estimations publiées le 27 mars. Compte tenu de ces évolutions, indique l’organisme, le surcoût net total (dépenses supplémentaires et recettes perdues) s’élèverait à un milliard d’euros par semaine. Les dépenses d’activité partielle supportées par l’Unédic atteindraient 7,7 milliards d’euros au titre des mois de mars, d’avril et de mai, pour un coût total de 23 milliards. Ces estimations ne tiennent pas compte du transfert au 1ermai vers l’activité partielle des arrêts de travail pour garde d’enfant ou pour les personnes vulnérables, qui entraînerait un surcroît de dépenses de 100 millions d’euros par semaine pour le régime.

Près de trois milliards de dépenses d’allocations supplémentaires

D’ici à la fin du mois de mai, l’Unédic estime à près de trois milliards d’euros le montant de dépenses supplémentaires à la charge de l’assurance chômage. Ce surplus de dépenses résulte principalement de la moindre activité du million d’allocataires qui, chaque mois, cumule allocation chômage et salaire d’une activité reprise. Ainsi, « sous l’hypothèse qu’en avril la quasi-totalité des contrats les plus courts des allocataires n’ont pas lieu et que les contrats plus longs sont moins nombreux qu’à l’habitude », l’organisme estime que les dépenses supplémentaires pourraient « s’élever jusqu’à 620 millions d’euros au titre d’avril, et se prolonger à l’identique au titre de mai ».

De même, en retenant l’hypothèse que « les allocataires qui seraient sortis du chômage restent indemnisés jusqu’au 31 mai et n’ont aucune activité entre-temps, les dépenses supplémentaires d’allocations seraient d’environ 130millions d’euros en avril et de 280 millions d’euros en mai ». Le prolongement de l’indemnisation des allocataires arrivant en fin de droits, qui concernerait quelque 210 000 personnes, représenterait « environ 100 millions d’euros en avril et 190 millions d’euros en mai », et les nouvelles entrées au chômage indemnisé, 50 millions en avril et 100 millions d’euros en mai.

Forte baisse des recettes de l’assurance chômage

Les recettes de l’Unédic sont affectées de deux manières par la crise. En premier lieu, par des moindres recettes liées à l’activité partielle, aux arrêts maladie et à une moindre activité, dont l’effet est évalué à 2,6 milliards au total pour les mois de mars, d’avril et de mai. En second lieu, par le décalage des échéances de paiement des cotisations par les employeurs. À cet égard, l’Unédic observe que, au-delà des effets de trésorerie immédiats, la mesure « aura sans doute encore des effets à moyen terme car le recouvrement de ces cotisations pourrait s’avérer faible, voire nul pour certains secteurs exonérés ultérieurement tels que la restauration». En mars, la baisse de recettes a été de l’ordre de 500 millions d’euros, tandis qu’en avril et en mai, les recettes non perçues pourraient dépasser 1,5milliard d’euros chaque mois.

Révision à la hausse du programme de financement pour 2020

La situation de la trésorerie de l’Unédic s’est dégradée de 6,1 milliards d’euros depuis le début de l’année, les impacts directs de la crise sur la trésorerie de l’Unédic étant « évalués à 4,3 milliards d’euros à ce jour ». Pour couvrir ses besoins de trésorerie, le bureau a approuvé l’augmentation du programme de dette de court terme de 10 à 18 milliards d’euros, et l’augmentation du programme obligataire de long terme de 34 à 50milliards d’euros. Parallèlement, dans le cadre de la deuxième loi de finances rectificative pour 2020 du 25 avril 2020, la garantie de l’État sur le programme obligataire de l’Unédic est passée de deux milliards d’euros à dix milliards d’euros.