L’Unédic anticipe « 900.000 emplois salariés détruits » fin 2020 par rapport à fin 2019

PARIS, 18 juin 2020 (AFP) – L’Unédic, qui gère le régime d’assurance-chômage, anticipe la destruction de 900.000 emplois fin 2020 par rapport au 4e trimestre 2019, ce qui entraînerait l’indemnisation de 630.000 demandeurs d’emplois supplémentaires, a-t-elle indiqué jeudi dans un communiqué.

Selon ses prévisions, l’Unédic enregistrera un déficit de 25,7 milliards d’euros à la fin 2020, d’une « ampleur inédite », et une dette de 63,1 milliards. Celle-ci est liée pour moitié au financement du dispositif de chômage partiel, et pour 29% à l’augmentation des dépenses d’allocations chômage et 19% aux reports de cotisations.

L’Unédic finance le tiers du dispositif d’activité partielle, le reste étant financé par l’État. La dette avait déjà grimpé de 36,8 milliards fin décembre 2019 à 42,6 milliards au 23 avril, en raison du recours massif au chômage partiel depuis le confinement à la mi-mars.

Depuis cette date, le solde de l’assurance chômage s’est dégradé de 11,5 milliards d’euros.

Pour se financer, l’Unédic a dû procéder à deux émissions d’obligations sociales à moyen terme, qui lui ont permis de lever « 8 milliards d’euros ».

« L’assurance chômage est traditionnellement quatre fois plus impactée dans ses finances par une crise que d’autres régimes de protection sociale, qui ne sont affectés que sur le volet recettes », a aussi rappelé l’Unédic.

– Hausse de 43% des dépenses –

« La question de la soutenabilité de la dette à moyen et long terme et de sa structure doit se poser, tout comme la pérennité et le fonctionnement de ce dispositif (chômage partiel, ndlr) qui ne dispose pas de recettes. Il appartient aux partenaires sociaux et au gouvernement de se prononcer », a estimé Éric Le Jaouen, président de l’Unédic, cité dans le communiqué.

En 2020, les dépenses d’assurance chômage progresseraient de 17,7 milliards d’euros, et « avoisineraient 59 milliards », une hausse de 43% par rapport à 2019.

Les recettes, issues des cotisations sociales, seraient, elles, en baisse de 16% par rapport à 2019, à 33 milliards d’euros.

Devant la perspective de 900.000 emplois détruits à la fin de l’année, la CGT a jugé ces prévisions « catastrophiques ». « Un double risque se profile : l’aggravation du chômage et le chantage à la dette pour faire baisser les droits sociaux », craint le syndicat.

A noter que le premier trimestre 2020 avait vu la destruction de 497.400 emplois dans le privé, soit une baisse de 2,5% provoquée par un effondrement de 40% de l’intérim, du fait du confinement, selon les chiffres de l’Insee.

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