L’usine PSA de Mulhouse passe sa production en « monoflux »

MULHOUSE, 9 juin 2017 (AFP) – L’usine PSA de Mulhouse (Haut-Rhin) franchira lundi une étape décisive dans sa conversion au « monoflux », regroupement de sa fabrication sur une seule ligne qui s’accompagne de 400 millions d’euros d’investissements, a-t-on appris vendredi de source syndicale.

La seconde équipe de jour, qui était affectée jusqu’alors à la ligne de montage « système 2 », rejoindra lundi le « système 1 », la future ligne unique, a exposé à l’AFP Laurent Gautherat, responsable du syndicat CFE-CGC du site.

Ce transfert d’environ 800 salariés suit celui de l’autre équipe du « système 2 » déjà effectué en début d’année, a-t-il ajouté.

Le « système 2 » n’emploiera plus qu’une équipe de nuit qui s’arrêtera l’an prochain, avec la fin de vie des deux modèles Citroën C4 et DS 4 qu’il produit, a expliqué M. Gautherat. Le passage au monoflux deviendra alors définitif.

La future ligne unique produit actuellement le Peugeot 2008 (à raison de 1.036 véhicules par jour), ainsi que la DS 7 depuis quelques semaine. Elle ajoutera la 508 en versions break et berline à l’automne prochain.

Le monoflux est présenté par PSA comme l’organisation « du futur », garante de la compétitivité des usines françaises, grâce à l’amélioration de la productivité, la réduction des coûts et l’utilisation maximale des capacités de production. Il est également en vigueur dans l’usine de Poissy (Yvelines).

A Mulhouse, son adoption s’accompagne d’un investissement de modernisation de 400 millions d’euros depuis trois ans et jusqu’en 2020.

A l’annonce de son instauration, en juin 2014, le constructeur avait affiché son ambition de « faire de Mulhouse l’une des deux usines les plus modernes du groupe dans le monde avec Wuhan 4 en Chine » pour la production des véhicules des segments C et D (moyen – haut de gamme) du marché automobile.

PSA Mulhouse emploie 5.700 permanents et 800 intérimaires.

Les syndicats du site demandent que le monoflux se traduise aussi par une relance des embauches en contrats à durée indéterminée (CDI), « au moins » 300 pour les sections FO, CFTC et CFE-CGC. « On ne peut plus continuer comme aujourd’hui, avec seulement des intérimaires en plus et des heures supplémentaires qui s’accumulent », a estimé Déborah Schorr, responsable FO.

Pour la section CGT, le monoflux « signifie une dégradation des conditions de travail à cause de la hausse infernale de cadence » qui approche désormais 60 véhicules par heure.

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