Lutte contre la pauvreté: les Caf développent leurs « rendez-vous des droits »

SAINT-DENIS, 1 février 2017 (AFP) – Les « rendez-vous des droits », instaurés par les Caisses d’allocations familiales (CAF) pour aider les allocataires à accéder aux aides ou prestations auxquelles ils sont éligibles, débouchent dans un cas sur deux sur l’accès à des droits nouveaux, selon la Caisse nationale d’Allocations familiales (Cnaf).

« Nous nous étions engagés à organiser 100.000 rendez-vous des droits par an » dans la Convention d’objectifs et de gestion (2013-2017) signée avec l’Etat, « et nous sommes sur un rythme annuel de plus de 250.000 par an », a souligné le directeur général de la Cnaf, Daniel Lenoir, mercredi lors d’une visite de la CAF de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) avec la presse.

Une enquête réalisée à l’été 2016 auprès de 5.000 bénéficiaires de ces rendez-vous, dont les résultats viennent d’être publiés, montre qu’en moyenne 50% de ces personnes ont bénéficié de droits nouveaux, a-t-il ajouté.

Concrètement, les agents conduisent des entretiens personnalisés pour étudier l’éligibilité aux prestations versées par les CAF (RSA, prime d’activité, prestations familiales, aides au logement …). Ils les orientent aussi vers des dispositifs gérés par d’autres opérateurs (Couverture maladie universelle complémentaire, aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, tarifs sociaux gaz et électricité …).

Prévus dans le cadre du plan quinquennal de lutte contre la pauvreté lancé en 2013, ces rendez-vous des droits ont été instaurés en 2014. Par manque d’information ou devant la complexité des démarches, de nombreuses personnes ne demandent en effet pas les aides sociales auxquelles elles ont droit.

Par exemple, plus d’un tiers (35%) des personnes qui ont droit au Revenu de solidarité active (RSA « socle », revenu minimum pour personnes sans ressources) ne le demandent pas, selon une évaluation de 2011.

Cette proportion atteignait les deux tiers pour le RSA « activité » (complément à un petit salaire), qui a été fondu dans la prime d’activité créée début 2016. « Sur la prime d’activité, nous sommes à 70% de recours », s’est félicité Daniel Lenoir.

Un rapport parlementaire sur l’accès aux droits sociaux publié fin 2016 avait rappelé que rien que pour le RSA « socle », le non-recours a été évalué en 2011 à « environ 3,1 milliards d’euros par an non distribués ». Un montant largement supérieur à celui de la fraude détectée pour l’ensemble des prestations sociales (425 millions d’euros en 2014).

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