Macron: la réforme du droit du travail « mûre » pour être adoptée rapidement

PARIS, 4 mai 2017 (AFP) – Le candidat En Marche! à l’élection présidentielle Emmanuel Macron a estimé jeudi que sa réforme du droit du travail, qu’il expliquait « depuis décembre », était « mûre dans le débat » pour une adoption rapide.

« La réforme du droit du travail, et donc du dialogue social, elle est mûre, elle a fait l’objet de beaucoup de travaux (…) elle est mûre dans le débat », a déclaré l’ancien ministre de l’Economie sur France Inter, en réponse à la question d’une auditrice sur sa volonté de recourir aux ordonnances pour la faire passer.

Alors que le journaliste lui rappelait la forte contestation dans la rue de la loi El Khomri pendant environ cinq mois, M. Macron a répondu: « Depuis décembre, j’en parle, je l’explique et je la porte, donc elle est dans le débat démocratique depuis décembre ».

« Il y aura un temps de débat social qui ne sera pas du tout supprimé », a tenu à assurer le candidat d’En Marche!, évoquant à nouveau une concertation avec les organisations patronales et syndicales.

Les ordonnances, a aussi plaidé M. Macron, sont une procédure « différente du 49.3 », – arme constitutionnelle au demeurant « démocratique » selon lui -, qui permettait de « raccourcir le temps parlementaire », mais pas de le contourner compte tenu de la nécessité d’un passage au Parlement d’un projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnances.

Considérant qu’il était lui transparent sur son projet contrairement à ce qui avait été reproché à l’exécutif lors du quinquennat Hollande, cet ex-locataire de Bercy a lancé: « Moi, j’explique avant, je vous le dis, c’est démocratique ».

« Il y aura du dialogue social et de la concertation dans le respect, il y aura un temps parlementaire (…) et il y aura la construction de cette ordonnance pour qu’elle passe à l’été », a-t-il conclu.

Emmanuel Macron souhaite utiliser des ordonnances pour sa réforme du droit du travail visant notamment à « donner plus de place à l’accord majoritaire d’entreprise ou de branche » et « encadrer les décisions des prud’hommes ». Le recours à cet outil pour faire passer sa réforme avait suscité de vives critiques, à gauche principalement, quelques mois après l’adoption controversée de la loi travail de Myriam El Khomri via le 49.3.

Lors du débat télévisé d’entre-deux-tours mercredi soir, la candidate du FN Marine Le Pen l’a reproché à nouveau à son rival: « Monsieur Macron veut faire une loi El Khomri puissance 10, par ordonnance ».

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