« Main basse sur l’énergie », un film coproduit par la CGT pour défendre le service public

PARIS, 4 octobre 2018 (AFP) – Pour mener la « bataille du service public » de l’énergie, la CGT Énergie, première organisation syndicale du secteur, s’est lancée dans la production. Avec le film « Main basse sur l’énergie », elle a décidé de « bousculer pour se faire entendre ».

Réalisé par le journaliste Gilles Balbastre, déjà auteur de « Vérités et mensonges sur la SNCF », ce film, présenté jeudi par la CGT Énergie qui le coproduit avec le site d’information « Là-Bas si j’y suis », se veut un « film brut, de réalité », selon son réalisateur.

« Razzia sur l’hydraulique », « racket sur l’éolien » ou « braquage du service public »… En cinq épisodes et un épilogue, il revient sur la menace qui pèse sur les barrages français, dont la commission européenne exige la mise en concurrence, « l’écolo business » des éoliennes ou les différentes lois qui depuis vingt ans ont libéralisé le marché de l’énergie.

Alors que le gouvernement met la dernière main à la feuille de route énergétique (PPE) pour les prochaines années, il s’agit au contraire pour Sébastien Ménesplier, secrétaire général de la fédération Mines Energie de la CGT (FNME-CGT), de « ne pas voter d’autres lois (sur l’énergie, ndlr) alors qu’on n’a pas fait le bilan de la déréglementation ».

Avec « l’eau et l’électricité, vous tenez le pays. C’est vital », souligne un technicien EDF de l’hydraulique et militant CGT dans le premier épisode. Propriétés à 100% de l’État et actuellement concédés en très grande majorité à EDF, les barrages, c’est une énergie « rentable » et facilement mobilisable, rappelle un autre.

Ils craignent qu’aux mains du privé, l’hydraulique soit utilisé pour jouer sur l’équilibre de l’offre et de la demande afin de « vendre très cher » cette énergie propre.

L’hydraulique, c’est « l’héritage de 66 millions de Français » et « on n’en parle pas » dans les médias, déplore Gilles Balbastre.

Quant à l’éolien, avec un mégawattheure racheté par EDF à « 82 euros et « revendu à 45 euros », il a permis à des sociétés de s’enrichir et/ou de se « verdir » à bon compte, voire mettre en place un « système d’optimisation fiscale », dénonce le film.

Pour se « faire entendre », outre le film disponible sur internet (www.mainbassesurlenergie.com) et qu’elle espère pouvoir projeter largement, la FNME-CGT va aussi diffuser un 24-pages, « 100% public – La vraie information sur l’énergie », tiré à 500.000 exemplaires.

sp/lum/eb