Maisons de l’emploi: Aubry pousse un « cri d’alarme » face au désengagement de l’Etat

LILLE, 16 novembre 2017 (AFP) – La maire PS de Lille, Martine Aubry, a poussé jeudi un « cri d’alarme » devant le désengagement annoncé de l’Etat dans le financement des maisons de l’emploi, dressant un parallèle avec la baisse des contrats aidés.

« On a une véritable inquiétude sur les Maisons de l’emploi, c’est pour moi une très grande préoccupation, je dirais presque un cri d’alarme », a lancé l’ex-ministre du Travail, puis des Affaires sociales, dans une allocution devant des chefs d’entreprise et des salariés de la maison de l’emploi de Lille.

Ces structures, au nombre d’une centaine en France, sont des guichets uniques d’accompagnement des chômeurs créés en 2005 par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Emploi. Le gouvernement a ramené leur financement de 21 à 10,5 millions d’euros en 2018 et compte le supprimer totalement en 2019.

« Avec les baisses de dotation des collectivités locales (…) on ne va pas pouvoir compenser » le désengagement de l’Etat, a prévenu Martine Aubry, se demandant si cela ne signifiait pas qu’on va « supprimer les maisons de l’emploi ».

Selon l’ex-ministre, « c’est un outil considérable pour donner à chacun la réponse qui lui est appropriée, ça peut être de l’insertion dans un premier temps, de l’alternance, de l’emploi direct, accompagner chacun en fonction de là où il en est et lui redonner la possibilité de se préparer à l’avenir ».

Elle a répondu à Emmanuel Macron qui, mardi à Tourcoing, s’en était pris à « ceux qui défendent » les emplois aidés. « Le président a dit que ceux qui défendent les emplois aidés n’en voudraient pas pour eux-mêmes, oui. Mais nous on défend les emplois aidés parce qu’on défend les gens pour lesquels ils sont utiles », a taclé la maire.

Cette prise de parole intervient trois jours après de fortes critiques de Martine Aubry sur la politique sociale d’Emmanuel Macron.

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