Mal de dos: l’Assurance maladie alerte les entreprises

PARIS, 5 novembre 2018 (AFP) – « Faites du bien à votre entreprise, agissez contre le mal de dos »: l’Assurance maladie lance mardi une campagne pour sensibiliser les employeurs à la lombalgie, cause de 165.000 accidents du travail en 2015.

« Le nombre d’accidents du travail décroit mais pas le nombre de lombalgies », a exposé Martine Jeantet, directrice de la branche Risques professionnels de l’Assurance maladie, lors d’un point presse lundi.

La part des lombalgies – communément appelées lumbagos – dans les accidents du travail a même fortement augmenté: elle est passée de 13% en 2005 à 20% en 2017 pour un coût de plus d’un milliard d’euros l’année dernière.

Face à ce constat, l’Assurance maladie va encourager les entreprises « à mettre en place des démarches de prévention du mal de dos » et inciter au « maintien en emploi des lombalgiques ».

Contrairement à certaines idées reçues, « le repos du dos en cas de lombalgie est délétère, » explique le Pr Audrey Petit, rhumatologue au service de santé au travail du CHU d’Angers.

D’après le Pr Audrey Petit, l’inactivité entraîne une « raideur » qui conduit la lombalgie à « s’installer ».

Elle recommande donc de « reprendre le travail le plus précocement possible » après une visite médicale de pré-reprise avec le médecin du travail et préconise en amont des « arrêts de trois à cinq jours réévalués régulièrement » plutôt que de longues interruptions de travail.

Cinq secteurs représentent la moitié du coût total de la lombalgie pour la branche Risques professionnels de l’Assurance maladie: l’aide et les soins à la personnes, le transport et la logistique, le commerce, la gestion des déchets et le bâtiment.

Martine Jeantet constate chez eux une « forme de fatalisme des employeurs qui disent +ça fait partie du métier+ ».

Elle souligne « par exemple » la « sinistralité très forte » de ce type de mal de dos « dans les Ehpad ».

Plus largement, dans le secteur de l’aide et des soins à la personne, la lombalgie est largement surreprésentée avec une part record de 31% des accidents du travail, contre 20% en moyenne.

Pour sensibiliser les employeurs, la campagne souligne les coûts indirects très importants pour les entreprises de la désorganisation du travail induite par les arrêts maladie.

clv/cel/sd