Mal-être des facteurs: CGT, SUD-PTT et Unsa quittent la table des négociations

PARIS, 21 novembre 2016 (AFP) – Les syndicats CGT, SUD-PTT et Unsa de La Poste ont quitté lundi la table des négociations avec la direction, jugeant très loin de leurs attentes ses premières propositions face au mal-être des facteurs et de leurs encadrants, a-t-on appris auprès de ces syndicats.

« Après une suspension de séance pour faire le point avec l’ensemble des organisations syndicales, nous avons décidé de quitter les négociations tout comme SUD-PTT et l’Unsa », a expliqué Valérie Mannevy (CGT) à l’AFP.

Pour la CGT, qui souhaite l’ouverture de négociations sur l’ensemble des métiers de La Poste, ces premières propositions sont « une mascarade de négociations », sans commune mesure avec la réalité du mal-être existant au sein de l’entreprise. « Des négociations doivent partir d’une page blanche et commencer par l’emploi », dit Mme Mannevy.

A SUD-PTT, Eddy Talbot explique que le projet d’accord proposé comme base de discussion par la direction « était certainement déjà dans les cartons depuis longtemps et ne fait qu’accélérer les orientations de La Poste ». Il ne prévoit « rien qui pourrait sérieusement améliorer la situation », dit-il.

L’Unsa, qui forme une liste commune avec la CFTC et la CGC, a elle aussi quitté la réunion en début d’après-midi, estimant « ne pas s’y retrouver » face à « une direction qui reste dans le déni de la réalité de la souffrance au travail », selon Luc Girodin.

Si elle reconnaît, dans un communiqué, que « le projet d’accord ne répond en rien aux attentes des postiers », la CFTC souhaite de son côté rester aux négociations « dans l’attente de mesures concrètes ».

Une intersyndicale est prévue mardi, selon la CGT, qui souhaite appeler, comme SUD, à une journée nationale d’action début décembre.

La direction a indiqué de son côté que les négociations « se poursuivent avec la CFDT, FO, la CFTC et la CGC » et que « des bilatérales se tiendront avec chacune des organisations syndicales représentatives afin de préparer une troisième plénière à la mi-décembre ».

Ces négociations, qui doivent durer jusqu’au 19 décembre, avaient été lancées le 26 octobre sur les conditions de travail des facteurs et de leurs encadrants, à la suite de la médiatisation de cas de souffrance au travail, dont des suicides.

La direction propose notamment de créer deux « nouvelles fonctions », le « facteur polyvalent » et le « facteur de services expert », pour remplacer les postes vacants, avec une « prime de remplacement » de 5 à 7 euros brut par jour.

Les facteurs pourront aussi travailler matin et après-midi avec une « coupure méridienne » hors temps de travail, moyennant une prime unique de 150 euros, au lieu d’une plage horaire unique.

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