Manifestation à Brest contre la rénovation du statut des ouvriers d’Etat

BREST, 8 décembre 2016 (AFP) – Environ 700 personnes selon les organisateurs, 550 selon la police, ont manifesté jeudi à Brest contre la rénovation du statut des ouvriers d’Etat annoncée la veille par le ministère de la Défense qui le juge trop coûteux.

« Nous avons besoin d’avoir un statut attractif pour attirer des gens sur des métiers qui demandent des compétences particulières », a expliqué à l’AFP au cours de la manifestation Charles Rioual, secrétaire général adjoint de la CFDT Défense en Finistère.

La manifestation, qui a démarré dès 08H30 et a pris fin à la mi-journée, était organisée par la CFDT Défense en Finistère, ainsi que la CGT Arsenal de Brest et le Groupement syndical local (GSL) FO Défense.

Le ministère de la Défense a annoncé mercredi sa volonté de rénover le statut des ouvriers d’État – 30% de ses personnels civils – afin d’attirer plus de vocations dans ses filières techniques. Ce statut, plus avantageux que celui des fonctionnaires ou des agents sous contrat, était jugé trop coûteux par Bercy et menacé de disparition.

« On ne peut pas payer des gens aux mêmes tarifs que des ouvriers sur des tâches qui sont extrêmement compliquées », a martelé Charles Rioual, rappelant que les ouvriers d’Etat étaient chargés du « maintien en condition opérationnelle des équipements et matériels indispensables à nos armées ».

Le ministère de la Défense est le principal employeur des ouvriers d’État – 16.000 personnes – loin devant l’Intérieur et l’Équipement, mais il peine à recruter ou à garder certains personnels tentés de rejoindre le secteur privé.

Pour sauvegarder le statut, l’indexation des salaires sur la métallurgie parisienne va être remplacée par celle, moins généreuse, de la Fonction publique.

Le recrutement, gelé pendant plusieurs années, va aussi être recentré sur 21 métiers, essentiellement de maintenance, contre 80 auparavant, beaucoup plus dispersés (secrétaires, cuisiniers, jardiniers…).

Les manifestants ont ainsi planté 54 petites croix devant la préfecture maritime afin de « symboliser les 54 professions d’ouvriers d’Etat que le ministère veut supprimer ».

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