Manifestation de soutien à des salariés de la propreté en grève

PARIS, 31 octobre 2017 (AFP) – Une cinquantaine de personnes ont manifesté mardi devant un hôtel de Clichy (Hauts-de-Seine) à l’appel de la CGT et de la CNT-Solidarité ouvrière en soutien à des salariés de la propreté en grève depuis une dizaine de jours, des travailleurs « invisibles » demandant le « respect ».

« Non aux mutations », « paiement de toutes les heures travaillées », « respect de notre dignité », proclamaient les affichettes collées sur la devanture de l’hôtel Holiday Inn, où des femmes de chambre, gouvernantes, équipiers et plongeurs, salariés de la société de nettoyage Héméra, sont en grève depuis le 19 octobre.

A l’occasion de la fête d’Halloween, certains de ces salariés de la sous-traitance hôtelière s’étaient déguisés pour manifester leur colère contre « des patrons sorciers » dont l’objectif est de « casser l’équipe » et « payer les salariés moins chers » en mutant les plus anciens, explique Mirabelle Nsang, gouvernante et représentante de la CNT, chapeau noir et pointu de sorcière sur la tête.

Le mouvement, lancé pour protester contre la mutation d’une gouvernante, la deuxième en six mois, s’est étendu à d’autres revendications. Outre la suppression de la clause de mobilité figurant dans leurs contrats, les grévistes demandent l’arrêt du paiement à la chambre, le règlement des heures supplémentaires et une prime de 13ème mois.

Mais, selon Mme Nsang, la direction d’Héméra n’a pas donné suite à ces revendications et refuse de revenir sur la mutation contestée, proposant simplement une prime ponctuelle de 100 euros en compensation.

Contactée par l’AFP, la société Héméra ne fait aucun commentaire.

« Ils laissent pourrir la situation », dénonce Kandi Tiziri, représentante du syndicat CGT-HPE (Hôtels de prestige et économiques), en évoquant des travailleuses « atomisées », dont le travail est « invisible » et sous-traité.

Une situation qu’un article de l’une des ordonnances réformant le code du travail va aggraver, selon la CGT et la CNT, en « privant les salariés de la sous-traitance du droit de se présenter » aux élections. Celui-ci stipule que « les salariés mis à disposition ne sont pas éligibles dans l’entreprise utilisatrice ». La réponse à une « vieille revendication patronale » afin de « diviser pour mieux régner », souligne le syndicat CGT-HPE.