Manifestation devant Renault au Mans des salariés de deux fonderies de la Vienne

LE MANS, 22 février 2019 (AFP) – Environ 350 personnes, en majorité des salariés de deux fonderies sous-traitantes de l’industrie automobile de la Vienne, placées en redressement judiciaire, ont manifesté vendredi devant l’usine Renault du Mans, a constaté un photographe de l’AFP.

Le groupe automobile reste le principal donneur d’ordre de ces deux fonderies, qui lui appartenaient jusqu’en 1999: la Fonderie du Poitou Fonte (FPF) d’Ingrandes-sur-Vienne, près de Châtellerault (Vienne) et l’usine mitoyenne Saint-Jean Industries (ex-Fonderies Alu) qui emploient chacune environ 400 salariés.

« Alu-Fonte = FDP FDP = Fonderies Renault », « Renault Macron, nous refusons de traverser la rue », « Fondeurs pas chômeurs », pouvait-on lire sur des banderoles accrochées aux grilles de l’usine.

Les manifestants, qui avaient fait le voyage à bord de six autocars, ont déversé des confettis devant l’usine et allumé quelques fumigènes.

« Nous revendiquons, avec ces salariés, leur réintégration au sein du groupe Renault dont ils étaient partie intégrante jusqu’en 1999 », a expliqué Fabien Gâche, délégué central CGT Renault.

« D’abord, parce que Renault a besoin de se réapproprier des métiers de la fonderie qui lui manquent. Ensuite, parce que cela permettrait de pérenniser un secteur d’activité qui, avec les emplois induits, concerne sans doute autour de 3.000 emplois directement impliqués dans la région de Chatellerault », a-t-il poursuivi. Cela pour « permettre à Renault de continuer à être innovant, plus exactement de le redevenir ».

FPF fabrique des blocs moteurs pour les diesels. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Poitiers qui a fixé au 28 février la date limite de dépôt d’une offre de reprise.

Le tribunal s’alignait ainsi sur la date fixée par le tribunal de commerce de Lyon pour un dépôt d’offre de rachat de l’usine Saint-Jean-Industries, elle-même en redressement judiciaire depuis novembre 2018 et qui cherche repreneur.

Le propriétaire de FPF, Jérôme Rubinstein, avait déjà affirmé qu’une offre groupée pour les deux sites lui semblait « la meilleure solution industrielle ».

Le sous-traitant subit une baisse d’activité importante qu’il impute notamment à la fin annoncée du diesel. La fonderie Alu travaille à près de « 90% » pour Renault, selon la CGT.

Le groupe britannique Liberty House a marqué son intérêt pour le rachat des deux entreprises voisines.

« Nous sommes intéressés par les deux. Nous voyons vraiment des synergies à les acquérir toutes les deux. Nous devons regarder tout cela », a indiqué à l’AFP depuis Londres Jonathan Levy, porte-parole du groupe du magnat indo-britannique Sanjeev Gupta qui a acquis en décembre pour 500 millions de dollars, l’usine Aluminium Dunkerque.

Liberty House a aussi acheté en mai 2018 le fabricant de jantes en aluminium de Diors, près de Châteauroux, confirmant sa stratégie de synergies entre usines productrices d’aluminium et consommatrices du même métal pour l’automobile.

Les syndicats des deux entreprises ont indiqué à l’AFP qu’ils avaient obtenu des rendez-vous lundi matin à Paris avec Renault et avec le ministère de l’Economie.

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