Manifestation loi travail: deux militants CGT relaxés de faits de violences, l’un condamné pour rébellion

PARIS, 27 juillet 2016 (AFP) – Deux militants CGT, soupçonnés de violences contre des policiers lors de la manifestation nationale du 14 juin contre la loi travail à Paris, ont été relaxés de ces faits mercredi, mais l’un a été condamné pour rébellion.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce docker du Havre, âgé de 33 ans, à un mois d’emprisonnement avec sursis pour s’être rebellé lors de son interpellation. Également jugé pour avoir lancé des projectiles sur la police, il a été relaxé faute de preuves.

Son avocate, Me Elodie Tuaillon, avait estimé que l’usage de la force ayant précédé son interpellation était « illégal », la « gestion du maintien de l’ordre » ayant été « choisie pour faire dégénérer les choses ».

« Je m’interroge sur le fait qu’il soit sanctionné. Les syndicalistes n’ont rien à faire au tribunal. Il me semble que la justice a d’autres priorités en ce moment », a commenté Thierry Dumez, secrétaire général adjoint de la CGT Ile-de-France.

Le second prévenu, 39 ans, élu à Sorbiers (Loire), agent territorial de Saint-Etienne et représentant CGT, était jugé pour avoir lancé un fumigène vers les policiers et résisté violemment à son interpellation.

Il a assuré que le seul fumigène qu’il a utilisé lui a servi à signaler un jeune manifestant suisse blessé au sol. Quant à la rébellion, son avocate, Me Agnès Cittadini, a jugé qu' »on a des agents interpellateurs qui mentent », présentant son client comme un « pacificateur ».

Il a été relaxé tard mercredi soir « au bénéfice du doute ».

« Son innocence et le caractère abusif de son arrestation et de la procédure judiciaire sont ainsi reconnus », s’est félicitée la CGT Services publics.

En début d’après-midi, entre 150 et 200 militants CGT s’étaient rassemblés à proximité du Palais de justice, dans le calme, pour dénoncer la « criminalisation de l’action syndicale ».

Un troisième homme jugé pour avoir jeté des projectiles et un fumigène sur des policiers au cours de la même manifestation a été condamné mercredi à quatre mois avec sursis. Un autre, sous curatelle renforcée et souffrant de schizophrénie, interpellé à l’issue de la manifestation avec dans son sac trois marteaux, un taser et deux poings américains, a lui été condamné à six mois avec sursis et mise à l’épreuve.

Un cinquième prévenu soupçonné d’avoir visé des policiers a vu son procès reporté au 15 novembre.

Vingt-huit policiers et onze manifestants avaient été blessés lors de ce défilé émaillé d’affrontements qui avaient opposé les forces de l’ordre à des centaines de personnes cagoulées.

Le 16 juin déjà, dix personnes avaient été condamnées à des peines de six mois avec sursis à quatre mois de prison ferme.

« Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestations sur Paris », avait réagi Manuel Valls. Le Premier ministre avait critiqué l’attitude « ambiguë » de la CGT à l’égard des casseurs. Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, avait lui évoqué « une forme de solidarité, au moins passive » entre « une nébuleuse d’environ 1.000 casseurs » et des manifestants CGT. Il avait aussi affirmé qu’en fin de manifestation, 100 à 200 manifestants de la CGT, « venus de l’ouest et du Havre », avait « participé à des actes de violence ».

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