Manque de moyens à l’hôpital: 25 urgentistes annoncent leur démission à Toulouse

TOULOUSE, 9 juillet 2020 (AFP) – Vingt-cinq urgentistes du CHU de Toulouse ont annoncé jeudi dans un courrier qu’ils allaient démissionner en bloc de leur fonction, excédés par le manque de moyens pour les services d’urgence.

« Exercer ce métier difficile, dans des conditions épouvantables et indignes pour les patients : c’est non. (…) C’est pourquoi nous choisissons de quitter nos fonctions dans une institution où la seule de nos revendications, celle de la sécurité de nos patients, est traitée avec le plus grand mépris », ont-il écrit à l’ARS et à la direction du CHU.

« Nous allons envoyer les lettres (de démission) lundi », a précisé à l’AFP Julie Oudet, membre de ce groupe.

La tourmente passée, ils exigent le maintien des « quelques moyens » débloqués pour faire face à la crise sanitaire. « La direction du CHU de Toulouse a décidé de suspendre la totalité de ces moyens, nous contraignant à travailler dans la peur. Nous refusons désormais d’exercer au quotidien dans la peur, faute de moyens pour travailler correctement », dénoncent les médecins.

« Ah ils étaient bruyants les applaudissements, tous les soirs à 20H00. Elles étaient larmoyantes, les déclarations comme quoi nous faisions un travail formidable… », ironisent-ils, dans la lettre diffusée jeudi par le journal Libération.

Contacté par l’AFP, le CHU de Toulouse n’a pas souhaité réagir à l’information.

Les urgentistes toulousains rappellent qu’ils s’étaient déjà mobilisés en 2019 pour réclamer « plus de médecins régulateurs au Samu (et) plus d’équipes Smur », en estimant que le bassin démographique toulousain était « le moins bien doté de France ».

« On se voit mal revenir à la situation de pénurie d’avant Covid, on est tous, à différents niveaux, à bout. On est tous fatigués, inflammables, désabusés », confie à l’AFP un des 25 signataires, qui préfère rester anonyme.

Il avertit que le mouvement pourrait s’étendre au delà des « 25 premiers signataires » de la lettre du 1er juillet. Les médecins démissionnaires ont été reçus par la direction du CHU, qui est restée « inflexible ». « On a l’impression qu’ils essaient de noyer le poisson de manière systématique », dit-il.

D’après cet urgentiste en poste à Toulouse depuis une dizaine d’années, les opportunités professionnelles sont nombreuses. « On n’a pas de soucis à se faire, des hôpitaux périphériques cherchent des profils comme les nôtres, on peut aussi travailler comme généralistes, il en manque. Ce n’est pas de gaité de coeur, mais on ira chercher du travail ailleurs ».

Au total, 90 médecins urgentistes travaillent au CHU de Toulouse.

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