Marseille: le « McDo » de Saint-Barthélémy en redressement judiciaire

MARSEILLE, 13 novembre 2019 (AFP) – Le McDonald’s marseillais de Saint-Barthélémy, au coeur d’un long combat de ses employés pour sauver leurs emplois, a été placé en redressement judiciaire mercredi par le tribunal de commerce, avec le 22 novembre comme limite pour les offres de reprise, a-t-on appris auprès de l’avocat des salariés.

Lors de la prochaine audience, le 11 décembre, le tribunal « devra statuer en faveur d’un projet de reprise ou pour une liquidation judiciaire », a précisé Me Ralph Blindauer à l’AFP, en dénonçant les « manoeuvres » de McDonald’s « pour torpiller toutes les solutions de redressement » de ce fast-food du 14e arrondissement.

Un franchisé McDo du département était selon lui « prêt à reprendre ce restaurant, mais McDonald’s lui a imposé des conditions tellement draconiennes qu’il a préféré jeter l’éponge hier soir ».

Le restaurant avait été placé sous procédure de sauvegarde le 2 octobre avec une période d’observation jusqu’au 2 avril 2020. Mais son propriétaire, le franchisé Jean-Pierre Brochiero, n’a pas pu justifier mercredi de ses capacités financières pour poursuivre l’activité.

La liquidation judiciaire a toujours été la crainte des salariés: « McDonald’s veut faire faire le sale boulot par le tribunal. Ils n’ont jamais eu aucune intention de sortir ce restaurant de l’ornière, nous sommes face à une faillite organisée », avait plaidé Me Blindauer le 25 septembre.

Franchisé de six McDonald’s à Marseille et ses environs, M. Brochiero en avait cédé cinq à un autre franchisé en septembre 2018. Mais il n’a jamais réussi à vendre celui de Saint-Barthélémy, non viable selon lui, sauf à réduire la masse salariale de 400.000 euros.

Afin de réduire les salaires, M. Brochiero avait présenté au printemps 2019 un plan de réorganisation comprenant sept licenciements. Fin juillet l’inspection du travail avait refusé trois de ces licenciements, dont celui de Kamel Guemari, salarié protégé en raison de son mandat syndical.

« Le seul but de McDo et de M. Brochiero a en fait toujours été de se débarrasser de Kamel, ce syndicaliste qui dérange », a encore accusé Me Blindauer mercredi auprès de l’AFP: « Pour cela ils sont prêts à sacrifier un restaurant, ses salariés, et à abandonner 2 millions d’euros de passif ».

M. Guemari, délégué du personnel FO, est arrivé dans ce McDo en 1998, à 16 ans. Il en est désormais sous-directeur. Début juin il avait fait savoir à McDonald’s France « son souhait de réduire son salaire de 30%, (voire) jusqu’au SMIC ».

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