Martinez et Berger demandent au gouvernement « un rééquilibrage » social

PARIS, 3 octobre 2017 (AFP) – Les dirigeants de la CGT et de la CFDT, Philippe Martinez et Laurent Berger, ont chacun appelé mardi le gouvernement à un « rééquilibrage » de sa politique en faveur des plus fragiles, le premier allant jusqu’à qualifier Emmanuel Macron de « président des milliardaires ».

« Il y a besoin d’un rééquilibrage », a déclaré sur Europe 1 Philippe Martinez en fustigeant « une politique pour les riches ». « On a vu le président des riches, on a maintenant le président des milliardaires », a-t-il ajouté.

La réforme de l’ISF (impôt sur la fortune) est « un vrai signe » donné par le gouvernement qui « dit à ceux qui ont un petit peu, lâchez pour ceux qui n’ont rien du tout », et qui « dit cadeau » aux autres, « ceux qui ont beaucoup », estime M. Martinez. Le numéro un de la CGT a également critiqué les entreprises « qui ne payent rien » en se demandant si Amazon va « accepter de payer (ses) impôts en France ».

Interrogé sur France 2 un peu plus tôt, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a lui aussi demandé « un changement de direction du gouvernement ».

« Depuis début juillet, à chaque fois qu’une décision tombe, elle demande un effort aux plus fragiles », a-t-il observé en évoquant la baisse « idiote » des APL, la « suppression brutale des contrats aidés » ou encore « les menaces sur les retraités modestes » et le pouvoir d’achat des fonctionnaire.

« En même temps, on baisse drastiquement l’Impôt de solidarité sur la fortune », a-t-il poursuivi.

« Si il n’y a pas rééquilibrage, je pense qu’il y a un risque (…) de radicalisation politique », prévient Laurent Berger en rappelant qu’il y a quelques mois « on se demandait si le FN n’allait pas arriver au pouvoir ».

Pour Laurent Berger, « il est temps de mettre le gouvernement au pied du mur sur la politique sociale ». « C’est ce que nous allons faire le 10 octobre, de manière unitaire, sur le pouvoir d’achat des fonctionnaires ».

De son côté, Philippe Martinez a promis d’aborder tous les sujets de mécontentement lors des rencontres bilatérales prévues à l’Elysée le 12 octobre sur les prochaines réformes. Emmanuel Macron « veut passer au +deuxièmement+, nous on va rester sur le +premièrement+ parce qu’on a des choses à lui dire », a-t-il souligné, citant les décisions du gouvernement sur la CSG, l’ISF mais aussi les dossiers industriels comme Alstom ou STX, sur lesquels « il faut qu’il rende des comptes ».

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