Martinez: « il n’y a rien » dans les annonces de Macron jeudi

PARIS, 27 avril 2019 (AFP) – Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a jugé samedi sur Europe 1 qu' »il n’y avait rien » dans les annonces du président Emmanuel Macron, jeudi, lors d’une conférence de presse à l’Elysée.

« Il n’y a rien là-dedans. Ce qui m’a amusé, c’est que au bout de deux ans de présidence, il se rend compte qu’il y a des problèmes en France », a déclaré M. Martinez, irrité par « ce ton un peu compatissant » du président Macron.

« Mais la finalité, c’est +il y a des problèmes, mais ce que je fais, c’est bien, et donc je continue+ », a-t-il ajouté.

Concernant l’âge légal de départ à la retraite maintenu à 62 ans, M. Martinez a dénoncé « une supercherie » car « on passe d’un âge de départ possible à 62 ans à un âge pivot » puisque « vous serez obligés de cotiser plus longtemps pour pouvoir avoir de quoi vivre avec votre pension, vous serez obligés de continuer à travailler ».

« Il y a déjà beaucoup de retraités pauvres » et « on va accentuer ce phénomène », a-t-il critiqué.

Quant à la décision de réindexer les pensions des retraités sur l’inflation, elle « ne compense pas tout ce qu’on leur a piqué avant. On ne remet même pas les compteurs à zéro », a protesté M. Martinez.

« Sur le fond », M. Macron « ne s’attaque pas aux vrais problèmes, c’est-à-dire comment on a un meilleur partage des richesses », a-t-il considéré, en soulignant « la symbolique » de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dont M. Macron a défendu la suppression. « Quand on a besoin d’argent », les « 5 milliards » d’euros de l’ISF, « on ne crache pas dessus », a-t-il dit.

Interrogé sur les « gilets jaunes », le responsable CGT a estimé qu’avec ce mouvement, « la contestation s’élargit ». « Il faut discuter (…) plutôt que de nous opposer », a-t-il souhaité.

Réagissant au suicide mardi d’un salarié de l’usine en liquidation judiciaire d’Arjowiggins Papiers couchés à Bessé-sur-Braye (Sarthe), quelques jours après avoir reçu sa lettre de licenciement, M. Martinez s’est dit « triste » et « en colère », en dénonçant « un patron voyou, parti avec la caisse ».

Chez Arjowiggins, « il y a du savoir-faire, du travail, un carnet de commandes et on a un gouvernement qui refuse de prendre en compte cette situation, parce qu’il y a moyen de débloquer des sous », de « donner un peu de cash pour permettre de relancer l’activité », a-t-il affirmé.

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