Martinez: les cheminots toujours « déterminés », un « haut niveau » de mobilisation

PARIS, 15 avril 2018 (AFP) – Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a estimé dimanche que les cheminots étaient toujours aussi « déterminés » à contester le projet de réforme de la SNCF, où la mobilisation des grévistes est, selon lui, « à un haut niveau ».

À la SNCF, « la mobilisation est à un haut niveau dans toutes les catégories » de personnels, « c’est assez rare d’avoir autant de cadres qui participent (…) Les cheminots sont déterminés » à mener ce « combat juste, d’utilité publique et d’intérêt général », a-t-il déclaré au « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI ».

Interrogé sur la baisse du taux de grévistes depuis le début du mouvement, il a souligné qu »‘on est dans une période de congés, donc il y a des cheminots en congés, donc forcément il y a des petites fluctuations » en termes de nombre de grévistes.

Si le gouvernement « accepte enfin de discuter sérieusement d’un certain nombre de points qui posent problème, cela peut se régler rapidement », a-t-il ajouté. Mais « si le gouvernement s’arc-boute dans sa position dogmatique, ça continuera », a-t-il prévenu.

Concernant les propos de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui avait salué vendredi des « ouvertures » et « quelques avancées » du gouvernement sur la réforme ferroviaire, M. Martinez a relevé que « le secrétaire général de la CFDT Cheminots (Didier Aubert, ndlr), celui qui participe aux discussions », avait « déjà déposé le prochain préavis » de deux jours de grève et « considère que, pour l’instant, rien n’a avancé ».

« Non », il n’y a pas d’avancées « et je m’appuie sur l’ensemble des fédérations de cheminots pour confirmer mon +non+ », a-t-il insisté.

Au sujet de la dette du groupe, le président Emmanuel Macron n’était « pas précis » lors de son interview jeudi sur TF1, a-t-il critiqué. « L’État est responsable de cette dette, donc l’État doit reprendre la dette » et « sans condition », a-t-il jugé.

– Un 1er-Mai unitaire –

Le responsable syndical a par ailleurs indiqué que la CGT « souhaite » un 1er-Mai unitaire et « va (le) proposer » lors de la « réunion la semaine prochaine des cinq secrétaires généraux » des principales centrales.

« Nous voulons et nous pensons qu’il est nécessaire que l’ensemble des organisations syndicales se mettent d’accord, pas sur tout, il y a des différences. Mais, vu la situation, alors qu’il y a unité syndicale chez les cheminots, chez les fonctionnaires, à Air France, à Carrefour », les syndicats devraient aussi présenter un front unitaire « nationalement » (…) « en pointant quelques enjeux revendicatifs clairs, la question de l’emploi, des salaires… », a ajouté M. Martinez, dont le syndicat organise jeudi prochain avec Solidaires une journée d’action interprofessionnelle, avec manifestations et appels à la grève.

Le N°1 de la CGT a aussi souhaité une augmentation du Smic « au minimum de 10% » avec, en parallèle, une hausse des autres salaires pour que « chacun dans l’entreprise voit son pouvoir d’achat augmenter ».

Questionné sur les frappes militaires ciblées en Syrie, M. Martinez a dit ne pas soutenir la décision de la France car ce type d’action ne débouche « jamais » sur une « solution durable » pour les peuples concernés. Il a prôné le recours « au maximum (à) la voie diplomatique », dans le cadre de l’ONU, « en respectant les institutions internationales ».

er/lum/phc