Maryline: l’immense majorité des salariés vont accepter 15.000 euros pour renoncer à un reclassement

CALAIS, 24 mars 2016 (AFP) – L’immense majorité des 402 salariés de l’ex-compagnie maritime MyFerryLink qui devaient être reclassés dans le cadre d’un protocole de sortie de crise signé l’été dernier vont accepter une indemnité de 15.000 euros pour y renoncer, a annoncé leur avocat jeudi.

Le texte signé fin août après la médiation du ministère des Transports prévoyait le reclassement de 402 des 487 employés de la Scop SeaFrance, afin de mettre fin au conflit social au cours duquel les marins avaient bloqué le port de Calais.

Or, la compagnie danoise DFDS, qui a racheté les deux principaux bateaux, et Eurotunnel, le vendeur – la Scop ne faisant qu’exploiter ces navires qu’elle louait – n’ont ré-employé respectivement en CDI que 75 et 20 personnes, selon un communiqué de presse du ministre Alain Vidalies lundi.

Quelque 350 autres salariés vont « répondre favorablement au versement des indemnités transactionnelles proposées par Eurotunnel et DFDS », c’est-à-dire 15.000 euros par salarié, a affirmé jeudi leur avocat, Me Philippe Brun, au cours d’un point presse à Calais.

« Eurotunnel et DFDS ont confirmé le versement des fonds (au mandataire désigné par le tribunal de commerce, ndlr), qui pourront être versés à chaque salarié convoqué à cette fin à Calais les 7, 8, 11 et 12 avril 2016 », précise le ministère des Transports dans son communiqué.

« C’est la fin de la saga SeaFrance », a constaté Me Brun, ajoutant toutefois espérer que l’Etat aide quand même les salariés à trouver un emploi « s’il veut éviter qu’à Calais soient dénombrés 350 chômeurs de plus ».

Eric Vercoutre, secrétaire général du Syndicat maritime nord (SMN), organisateur du blocage du port de Calais à l’été 2015 par les marins qui cherchaient à sauver la Scop, a cependant assuré lors d’un même point presse: « la lutte continue car on a l’impression de trahir nos collègues, nous qui avons signé le protocole d’accord », sans préciser toutefois s’il envisageait un nouveau mouvement de contestation.

« Ni Eurotunnel, ni DFDS, ni l’Etat n’ont tenu leurs engagements », a-t-il dénoncé.

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