Maternité parisienne des Bluets: nouvelle polémique autour de suppressions de postes

PARIS, 19 septembre 2018 (AFP) – Des personnels de la maternité parisienne des Bluets se sont inquiétés mercredi des suppressions de postes – une quinzaine – envisagées par son gestionnaire pour éviter un redressement judiciaire, dénonçant une nouvelle « crise » et « un risque de déstabilisation » de cet établissement emblématique.

L’Association Ambroise Croizat, filiale sociale de la fédération CGT de la métallurgie, gère la maternité du XIIe arrondissement de Paris mais aussi trois centres de réadaptation professionnelle et sociale pour un peu plus de 500 professionnels.

Pour rester à flot, elle a présenté mercredi au comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) un plan de sauvegarde de l’emploi concernant 35 postes dans des fonctions supports, dont 15 aux Bluets.

Selon un communiqué de l’association, « un engagement a été pris » avec l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, le CIRI et les banques « pour aller à la conclusion d’un accord qui permette d’écarter la menace du redressement judiciaire ».

Le plan a été « validé dans ses grande lignes » par l’ARS, a confirmé à l’AFP son directeur général, Aurélien Rousseau, même si certains points restent à préciser avant un accord en bonne due et forme.

Une décision que regrette Virginie Gossez, du syndicat SUD-Santé, prédisant une nouvelle « déstabilisation » de la maternité avec la disparition de postes de directeur des ressources humaines, coordinateur des sages-femmes et autres « forces vives ».

« La direction est décimée », s’indigne une gynécologue qui souhaite rester anonyme. Par exemple, « la DRH va être remplacée par la DRH associative » qui « ne connaît pas le sanitaire ».

« Nous allons payer les pots cassés », prédit la praticienne, qui craint des départs en cascade, alors que l’actuel directeur de l’établissement menace de démissionner.

« La situation en terme de dialogue social est extrêmement dégradée », reconnaît le DG de l’ARS, prévenant qu’il s’agit du « plan de la dernière chance » pour l’association.

Mais la situation est « très différente de celle de 2016 », marquée par une crise de gouvernance, financière mais aussi et surtout sanitaire, insiste M. Rousseau.

A l’époque, la Haute autorité de santé (HAS) avait retiré sa certification à la maternité sans que cela ne l’empêche de poursuivre ses activités.

« Aujourd’hui on a des retours positifs » de la visite que devait effectuer la HAS avant fin octobre 2018, assure M. Rousseau.

Pionnière de l’accouchement « sans douleur » en France, la maternité des Bluets réalise quelque 3.000 accouchements par an.

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