Medef: le patron de Michelin dit ne pouvoir être candidat « en l’état » (presse)

PARIS, 27 novembre 2017 (AFP) – Le président de Michelin, pressenti pour prendre la tête du Medef, s’est dit opposé à l’idée de changer ses statuts pour contourner la limite d’âge et a donc estimé qu’il ne pouvait être candidat « en l’état ».

Dans un entretien à paraître mardi dans Le Figaro, Jean-Dominique Senard a reconnu qu’il avait « envisagé » et « même souhaité » se présenter à la présidence de l’organisation patronale.

Mais les statuts « stipulent qu’une personne âgée de 65 ans au moment de l’élection ne peut pas se présenter », a rappelé M. Senard, qui aura 65 ans en mars 2018, quatre mois avant la date prévue de l’élection.

Or, « pour moi il est hors de question de remettre en cause cette règle. Je suis opposé à une modification ou une interprétation des statuts », qui « donnerait le sentiment d’une manipulation », poursuit-il: « En l’état, je ne peux donc pas être candidat ».

Mais si Pierre Gattaz, l’actuel président du Medef, démissionnait pour provoquer un scrutin anticipé?

« On verra », répond M. Sénard, qui relève aussi, sans donner de détails, qu’il y a « sûrement d’autres solutions » qu’une démission rapide de M. Gattaz.

M. Gattaz a réagi à cet entretien, réfutant tout projet de démission, dans un message sur Twitter lundi soir. « J’ai été élu pour une mission de cinq ans, je respecterai cet engagement jusqu’à la fin de mon mandat », a écrit M. Gattaz.

« Dans tous les cas, je mènerai mon mandat chez Michelin jusqu’au bout, en mai 2019. Mais je resterai toujours disponible et je m’exprimerai », a souligné M. Senard.

Le président de la firme au Bibendum exclut par ailleurs de se présenter dans un « ticket » avec une autre personnalité. « Je ne l’envisage pas. Une institution n’est pas indispensable pour porter une parole », dit-il.

Beaucoup de noms ont été cités pour prendre la succession de M. Gattaz, mais celui de M. Senard circule avec insistance depuis plusieurs mois.

Lors de la dernière université d’été du Medef début septembre, le patron du numéro deux mondial du pneumatique avait été ovationné, après un discours de plus de vingt minutes aux allures programmatiques où il avait notamment plaidé pour une « refondation du paritarisme de gestion ».

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