Métallurgie: les partenaires sociaux défendent un plan pour sauvegarder emplois et compétences

PARIS, 19 mai 2020 (AFP) – Les partenaires sociaux ont élaboré un plan de reprise dans la métallurgie, secteur durement frappé par la crise liée à l’épidémie de Covid-19, qui vise notamment à limiter les licenciements économiques, a appris mardi l’AFP.

« Il y a urgence à déployer un certains nombre d’outils à court terme pour nos entreprises afin de préserver à la fois nos emplois et nos compétences et éviter des plans de licenciements économiques », estime Hubert Mongon, délégué général de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), interrogé par l’AFP.

« La situation est extrêmement préoccupante dans l’industrie », par exemple dans l’automobile et l’aéronautique, souligne-t-il, en rappelant que la métallurgie compte 42.000 entreprises en France et représente environ 1,9 million d’emplois directs.

L’UIMM et les syndicats représentatifs de la branche (CGT, CFDT, CFE-CGC et FO) avaient entamé une concertation il y a une quinzaine de jours, qui a débouché sur un texte commun de propositions consulté par l’AFP.

FO et la CFDT sont signataires, la CFE-CGC consulte ses instances, et la CGT, premier syndicat de la branche, n’a pas signé.

Ce texte « reprend une partie de nos propositions et revendications et établit le constat d’une crise sanitaire sans précédent, tout en rappelant que le dialogue social est l’outil central pour trouver des solutions », a indiqué FO Métaux dans un communiqué publié lundi soir.

Les partenaires sociaux y interpellent les pouvoirs publics et listent les propositions « à mettre en place, immédiatement et jusqu’à la fin de l’année ».

Parmi elles, « un nouveau dispositif de préservation de l’emploi industriel », alors que le gouvernement a annoncé vouloir adapter à partir de juin le système actuel de chômage partiel en baissant la part de remboursement aux entreprises.

Le plan pour la métallurgie propose, « afin de compenser les baisses de revenus des salariés en sous-activité, sans que l’horaire contractuel ou conventionnel puisse être diminué de plus de 40% (…), que l’Etat et/ou l’Unédic prenne(nt) en charge l’indemnisation versée aux salariés » pour les heures ou les jours non travaillés « selon des modalités à définir prenant en compte la situation économique et sociale ».

En contrepartie, « les entreprises ne pourront pas recourir à l’activité partielle pour les salariés concernés par ce dispositif et garantiront à ces mêmes salariés le maintien dans l’emploi pendant, au minimum, sa période de mobilisation et au-delà si la situation économique de l’entreprise le permet », précise le texte.

Les partenaires sociaux préconisent également « un plan d’urgence et de relance immédiat en faveur de l’alternance et de l’emploi des jeunes » et, à plus long terme, une réflexion sur la relocalisation de certaines activités industrielles.

esp/bfa/spi