Métallurgie: plusieurs manifestations CGT pour une convention collective de « haut niveau »

VALENCIENNES, 15 mars 2018 (AFP) – Quelque 2.000 salariés de la métallurgie selon la CGT ont manifesté jeudi sur plusieurs sites industriels pour réclamer une convention collective « de haut niveau », une action nationale lors de laquelle le député FN Sébastien Chenu a été pris à partie.

Selon la CGT, ils étaient 1.500 à Valenciennes (Nord) 300 à Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône) et 200 à Hagondange (Moselle). La préfecture a comptabilisé 550 personnes à Valenciennes.

Ces trois sites sont marqués par des suppressions d’emplois chez Ascométal et Vallourec.

« Pour le maintien et le développement de l’emploi industriel », « non à la fermeture de la tuberie de Saint-Saulve », pouvait-on lire sur les deux banderoles en tête de la manifestation à Valenciennes, sous une pluie battante.

Le groupe Vallourec, fabricant de tubes sans soudure, a annoncé fin février la fermeture de sa ligne de production sur le site de Saint-Saulve, en banlieue de Valenciennes, qui emploie 164 personnes.

Cette annonce est intervenue alors que le sort de l’aciérie Ascoval, à Saint-Saulve, est également en suspens. Ascoval est détenue à 40% par Vallourec et à 60% par Asco Industries, qui contrôle le sidérurgiste Ascométal, propriété depuis le 1er février du groupe suisse Schmolz+Bickenbach.

L’exclusion d’Ascoval par Schmolz+Bickenbach du périmètre de reprise d’Ascométal menacerait les 300 emplois du site, selon élus locaux et syndicats de l’entreprise, qui est en redressement judiciaire.

Pour Yohan Delbauve, délégué syndical CGT Vallourec, « notre convention collective territoriale a une histoire. Ils veulent en faire une nationale au rabais, avec peu de protection ».

Cette manifestation à l’appel de la CGT Métallurgie s’inscrivait en effet dans le cadre d’une semaine nationale d’action visant notamment à aboutir à une « convention collective nationale de haut niveau » pour les 1,4 million de salariés du secteur.

A Hagondange, le rassemblement s’est tenu devant l’usine d’Ascométal, où Schmolz + Bickenbach prévoit de fermer l’aciérie.

– ‘On a aussi besoin d’acier’ –

« Il y a dix ans c’était Gandrange, puis Florange et aujourd’hui Ascométal qui va perdre son outil industriel et stratégique », a énuméré Lionel Burriello, responsable CGT. « Il n’y a pas que les start-ups en France, on a aussi besoin d’acier! », a-t-il lancé.

« Schmolz + Bickenbach nous a dit qu’il n’avait pas l’intention de faire des investissements sur le service fil ce qui veut dire que l’on n’a pas de visibilité sur l’avenir de l’entreprise après 2019 », a déploré de son côté Yann Manneval, représentant CGT, devant le parking des Arènes de Fos-sur-mer, dénonçant « la finance (qui) prend le dessus alors que les carnets de commande sont pleins ».

A Valenciennes, le député du Nord Sébastien Chenu a été bousculé par des militants de la CGT et contraint de se retrancher dans une agence de voyages au début du rassemblement, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Dehors les fachos! », ont d’abord scandé les manifestants, qui l’ont ensuite poussé vigoureusement. L’élu, qui arborait son écharpe tricolore, a trouvé refuge dans une agence de voyage sur la place d’Armes, principale place de la ville.

Une dizaine de policiers sont intervenus peu après pour protéger le député et le magasin où il est resté une quinzaine de minutes. La manifestation s’est dispersée vers midi dans une atmosphère tendue, les policiers faisant usage de gaz lacrymogène.

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