Michelin: les syndicats inquiets pour le site de la Roche-sur-Yon

CLERMONT-FERRAND, 20 septembre 2019 (AFP) – Plusieurs syndicats du groupe Michelin ont indiqué vendredi redouter la fermeture de l’usine de La Roche-sur-Yon (Vendée), qui fabrique des pneumatiques pour poids-lourds.

« C’est une vraie crainte. Il est clair que la direction veut fermer après avoir pressé les salariés au maximum », assure Michel Chevalier, délégué syndical central CGT.

Selon lui, le groupe se donnerait « un peu de temps » pour que des accords de compétitivité puissent être signés dans d’autres usines, avant d’annoncer sa décision.

Jérôme Lorton (Sud), qui partage ces inquiétudes, a pour sa part écrit à la direction pour réclamer la mise en place d’une nouvelle activité à La Roche-sur-Yon, afin d' »organiser la baisse de production sans fermeture ».

Des groupes de travail réunissant la direction et plusieurs organisations syndicales – CFE-CGC, Sud et la CFDT mais pas la CGT – ont eu lieu depuis le mois de mai pour faire le point sur la situation des sites industriels français.

« Le but c’est de voir point par point ce qu’on peut améliorer pour que tous continuent de fonctionner », a expliqué Laurent Bador (CFDT), déplorant « un vrai problème pour les poids-lourds ».

Dans un article mis en ligne lundi, le quotidien Le Monde affirme que quatre sites « ont de réels problèmes de compétitivité »: Clermont-Cataroux, Cholet (Maine-et-Loire, pneus tourisme et camionnette), la Roche-sur-Yon et Avallon (Yonne, rechapage poids lourds).

Mais, selon une porte-parole du groupe interrogée par l’AFP, « il n’y a aucun site français, mis à part la Roche-sur-Yon, où les difficultés sont connues et partagées, qui soit menacé de fermeture ». Michelin, a-t-elle dit, « ne prendra aucune décision sans avoir étudié toutes les options viables à terme ».

« Des diagnostics vont être partagés site par site jusqu’à mi-octobre, en lien avec les organisations syndicales, pour réfléchir et travailler sur les points d’amélioration », a-t-elle ajouté, en évoquant une démarche « socialement innovante ».

« Nous devons être capables de produire en améliorant la compétitivité, tout en conservant notre attractivité et les conditions de travail », a-t-elle ajouté, citant l’exemple de l’usine de Roanne (Loire), où un accord de compétitivité a été signé en 2015. Michelin avait alors investi dans de nouvelles machines, en contrepartie d’une nouvelle organisation du travail.

Une solution qui a déjà été mise en place à La Roche-sur-Yon: le groupe avait lancé en 2016 un « Pacte d’avenir » sur cinq ans pour inscrire l’usine vendéenne dans « un cercle vertueux de progrès ». Mais en février 2018, en raison de mauvais indicateurs, il avait décidé de faire une pause jusqu’en décembre 2019.

Nous « avons déjà pris pas mal de mesures pour adapter l’usine de la Roche-sur-Yon à un marché des poids lourds en baisse », a estimé la porte-parole de Michelin.

« De nouvelles machines devaient arriver à l’été 2018. Tout avait été préparé. Finalement, elles sont parties en Roumanie et en Espagne », a expliqué de son côté Anthony Guilleteau, délégué syndical CGT à La Roche-sur-Yon, où travaillent près de 650 personnes.

Lors d’une réunion mardi, la direction « nous a dit que nous étions dans une très mauvaise position mais c’est le flou total », a-t-il ajouté. « Tout a été fait ici au niveau de la compétitivité. A part venir travailler gratuitement, je ne vois pas ce que l’on peut faire de plus ».

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