Militants CGT qualifiés de « terroristes »: le syndicat perd en appel contre Gattaz

BOBIGNY, 24 janvier 2018 (AFP) – La CGT a de nouveau perdu mercredi son procès contre le président du Medef Pierre Gattaz, poursuivi en diffamation pour avoir comparé des militants CGT à des « terroristes » et des « voyous » durant le conflit sur la loi travail.

En février 2017, le tribunal correctionnel de Bobigny avait relaxé Pierre Gattaz.

Mercredi, la cour d’appel de Paris a confirmé en toutes ses dispositions civiles ce jugement qui déboutait le syndicat. Seule la CGT ayant fait appel, c’est uniquement le volet civil de l’affaire qui avait été rejugé.

Dans un entretien au Monde fin mai 2016, alors que la fronde contre la loi El Khomri entrait dans son quatrième mois, Pierre Gattaz avait appelé le gouvernement à « ne pas céder au chantage, aux violences, à l’intimidation, à la terreur », ajoutant que c’est « visiblement (…) la conception du dialogue social » de la CGT.

« Faire respecter l’Etat de droit, c’est faire en sorte que les minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes ne bloquent pas tout le pays », avait-il déclaré.

La CGT, qui avait assigné en justice le « patron des patrons », lui avait réclamé 10.000 euros de dommages et intérêts.

Le tribunal de Bobigny avait notamment considéré que les propos de Pierre Gattaz n’étaient « pas suffisamment précis pour constituer une diffamation », avait détaillé à l’époque à l’AFP Maëlle Auché, du cabinet JDS Avocats, qui représentait la CGT.

Les propos de Pierre Gattaz avaient suscité une avalanche de réactions indignées, dans la classe syndicale comme politique. Le « patron des patrons » était lui-même revenu sur ses déclarations, reconnaissant que « le mot terroriste était inadapté dans ce contexte ».

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