Mobilisation le 15 décembre des VTC « spoliés » par les plateformes

PARIS, 1 décembre 2016 (AFP) – Les chauffeurs de VTC qui s’estiment « spoliés » par les plateformes de réservation sont appelés à se mobiliser de nouveau le 15 décembre, a-t-on appris jeudi auprès des organisateurs, qui qualifient de « fumisterie » la hausse annoncée des tarifs d’Uber.

La plateforme de réservation de voitures de transport avec chauffeur (VTC) Uber a annoncé une augmentation de ses tarifs en France, pour « améliorer la condition des chauffeurs » travaillant avec elle. Mais avec une hausse de la commission prélevée sur les prix des courses (de 20 à 25%).

« Ce coup d’annonce ne nous intéresse pas », a réagi auprès de l’AFP Sayah Baaroun, secrétaire général du SCP/VTC (affilié à l’Unsa). Avec la nouvelle tarification, « sur chaque course on gagne 50, 60, 90 centimes » en fonction des trajets, « mais par contre Uber se gave » sur la commission, résume-t-il.

Selon lui, la décision d’Uber s’inscrit surtout en réaction au mouvement de protestation prévu le 15 décembre contre le groupe américain.

Les chauffeurs « se sentant spoliés par les applis » sont appelés à « se mobiliser » ce jour-là, via une « déconnexion de masse » et « un rassemblement historique » à Paris, écrit sur son compte Facebook l’association Capa-VTC, co-organisatrice de l’événement avec l’association des VTC de France, le SCP/VTC et Actif-VTC.

Un défilé est prévu entre la porte Maillot à Paris et le siège d’Uber France dans le 19e arrondissement, a-t-on appris auprès des organisateurs.

La décision d’Uber intervient au moment où le Parlement s’apprête à adopter la loi Grandguillaume qui vise entre autres à lutter contre l’emprise des plateformes sur les chauffeurs.

Les dirigeants d’Uber « essayent de faire un effet d’annonce » parce qu’ils ont perdu sur le terrain politique, mais « c’est de la fumisterie », a commenté auprès de l’AFP Jean-Claude Resnier, président de VTC de France.

« Tant qu’ils n’auront pas une tarification supérieure à celle du taxi, qu’ils ne baisseront pas leur marge de façon à pouvoir faire travailler des partenaires ou des salariés correctement et dans la légalité, en payant leurs charges, leur TVA et leurs impôts sur le territoire français, je serai contre », a-t-il lancé.

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