Mobilisation pour l’emploi: CFDT et Unsa saluent un « changement de méthode »

PARIS, 6 mai 2019 (AFP) – La CFDT et l’Unsa ont salué lundi un « changement de méthode » à l’issue d’une réunion à Matignon entre exécutif, syndicats, patronat et associations d’élus, destinée à lancer la « mobilisation générale » pour l’emploi et l’écologie.

« Il y a un changement de méthode », a déclaré le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. « Il faut le noter, il est clair, il est net ».

« C’est un bon début car on a le sentiment que l’on va pouvoir s’exprimer sur tous les sujets », a estimé pour sa part Laurent Escure (Unsa). « Maintenant l’expression qui préside c’est dire: on verra bien. On a dit au Premier ministre qu’il fallait des éléments concrets qui montrent que les discussions ont servi à quelque chose et que la parole des salariés a été entendue », a-t-il ajouté.

La CGT avait pour sa part annoncé à la dernière minute qu’elle ne participerait pas à la réunion « dont les objectifs sont loin de correspondre au mécontentement et à la colère du monde du travail et de ceux qui en sont exclus ».

« Quand on est syndicaliste, il faut être là pour porter la voix des travailleurs », a jugé M. Berger.

« Mon appréciation est simple, la porte est entrouverte et il faut mettre le pied dans la porte pour pousser nos sujets », a dit M. Berger. Parmi ceux-ci, « on a proposé un plan massif sur la rénovation thermique des logements », a-t-il ajouté. « Le Premier ministre a dit qu’il allait l’inscrire dans les sujets ».

« Comme d’habitude, a-t-il poursuivi, la CFDT jugera sur pièces mais pour juger sur pièces il faut s’engager ». Il a aussi qualifié les thèmes de la rencontre de « bons sujets ».

En revanche, sur la question de la prime mobilité, il a estimé qu’il y avait eu « une réaction presque grotesque des organisations patronales qui ont dit qu’elle reviendrait trop chère ».

Michel Beaugas (FO) n’a lui « pas vu » de changement de méthode.

Il a regretté « le grand absent de la présentation initiale: l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat ». « Si le gouvernement (..) obligeait le patronat et lui-même en tant qu’employeur à relever les salaires, cela permettrait de résoudre des problèmes », a-t-il dit.

Il a aussi souligné qu' »on n’a eu aucune annonce sur la prime de transport. Le Premier ministre nous a signifié qu’elle était encore à l’arbitrage. Nous voyons assez mal les salariés traités différemment selon telle ou telle région », a-t-il poursuivi, ajoutant: « nous voulons un socle obligatoire ».

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