Mouvement de grève à l’usine British Steel de Hayange

STRASBOURG, 22 juillet 2019 (AFP) – L’usine British Steel France Rail de Hayange (Moselle) est à l’arrêt « depuis 13h » lundi en raison de désaccords avec la direction sur des primes d’intéressement, a-t-on appris de source syndicales, alors que le groupe British Steel est en faillite.

La direction du site n’était pas joignable en début de soirée.

« Le site est à l’arrêt depuis aujourd’hui (lundi) 13h », a affirmé à l’AFP Zabot Gregory, représentant CFDT (majoritaire), selon lequel ce mouvement de grève est suivi par « la moitié » des 420 salariés du site mosellan.

Selon M. Gregory, le conflit porte sur un désaccord avec la direction au sujet des « primes d’intéressement pour l’année prochaine », liées à des objectifs à atteindre. « La direction a présenté des objectifs tellement inatteignables que (la prime) sera très loin de ce qu’on a l’habitude d’avoir », a expliqué le syndicaliste, sans autres précisions.

France Bleu Lorraine Nord parle d’une quarantaine de salariés qui ont débrayé, demandant la réouverture de négociations sur « la prime d’intéressement trimestrielle ».

Le groupe britannique British Steel, numéro deux du secteur au Royaume-Uni derrière Tata Steel, a été placé fin mai en faillite par les autorités britanniques, jetant une ombre sur son avenir et celui de ses milliers de salariés, parmi lesquels ceux du site français.

British Steel avait racheté en 2016 l’usine d’Hayange, qui produit des rails, au géant indien Tata Steel.

Le sort de British Steel est également intimement lié à celui d’une autre aciérie, celle d’Ascoval à Saint-Saulve (Nord).

Début mai, la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg avait validé le rachat par Olympus, maison-mère de British Steel, du site nordiste.

Mais quelques semaines plus tard, la mise en faillite de British Steel – qui ne concerne pas directement Ascoval – avait suscité des interrogations quant à la viabilité de ce plan de reprise. Olympus a présenté vendredi un plan de reprise amendé devant le tribunal strasbourgeois.

Olympus et son propriétaire, Greybull Capital, tablent sur une revente à la découpe de British Steel, pour ne garder que le site de Hayange et celui de FN Steel au Pays-Bas, avec l’idée que Ascoval les alimente en acier.

Le tribunal de Strasbourg doit dire mercredi matin s’il valide ou non ce plan de reprises modifié.

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