Mouvement des gardiens de prison: FO « satisfait » de l’écoute reçue à la Direction de l’administration pénitentiaire

PARIS, 11 mars 2019 (AFP) – Le syndicat FO-Pénitentiaire s’est dit lundi « satisfait » de la prise en compte de certaines de ses revendications sécuritaires, à l’issue d’un entretien à la Direction l’administration pénitentiaire (DAP), au sixième jour d’un mouvement de protestation lancé après l’attaque de surveillants à Condé-sur-Sarthe.

« Aujourd’hui, on ne peut qu’être satisfaits. Ils ont écouté nos revendications, on va avancer sur plusieurs points. On sent bien qu’on est dans un virage sécuritaire: on attend maintenant de voir ce que nous annoncera jeudi (la ministre de la Justice) Nicole Belloubet », a déclaré à l’AFP Emmanuel Baudin, secrétaire général de FO-Pénitentiaire.

Le directeur de l’administration pénitentiaire, Stéphane Bredin, recevait lundi après-midi les organisations syndicales représentatives, en commençant par FO, premier syndicat de surveillants et à l’initiative du mouvement de blocage des prisons lancé mercredi.

Mardi dernier, un détenu radicalisé a poignardé deux surveillants à la prison ultrasécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne), une attaque qualifiée de « terroriste » par la garde des Sceaux. L’assaillant, resté retranché pendant dix heures dans une unité de vie familiale (UVF) avait finalement été blessé et hospitalisé, et sa compagne tuée lors de l’intervention du Raid.

Les surveillants réclament une remise à plat des conditions de sécurité pour mieux prendre en compte l’arrivée de détenus radicalisés, la mise en place d’une fouille des visiteurs, ainsi que de meilleures conditions de salaire à l’embauche pour recruter plus de personnels.

Emmanuel Baudin a relaté un « échange constructif », évoquant une réflexion sur la classification des établissements selon la dangerosité des profils de détenus (avec dotations de matériel de sécurité spécifique comme des bombes au poivre), le développement de brigades cynophiles avec des « chiens d’appui » ou de « défense », « l’expérimentation d’une fouille par palpation systématique des visiteurs dans une prison, probablement Condé-sur-Sarthe ».

« Rien n’est tranché, nous attendons de voir ce qui ressortira des rencontres prévues jeudi à la chancellerie », a-t-il ajouté.

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