Négociations dentistes/Assurance maladie: deux syndicats suspendent leur participation

PARIS, 6 janvier 2017 (AFP) – Les deux principaux syndicats de chirurgiens-dentistes (FSDL et CNSD) ont décidé vendredi de suspendre leur participation aux négociations avec l’Assurance maladie, dans l’attente de nouvelles propositions de revalorisation de leurs actes, jugeant les dernières « insuffisantes ».

L’entrevue organisée vendredi entre les syndicats de dentistes et l’Assurance maladie « n’a pas permis d’apporter de réponse suffisante à toutes les carences constatées », déplore dans un communiqué la CNSD, qui dit attendre qu’elle « se ressaisisse ».

Même constat pour le FSDL qui juge « les mesures proposées par le directeur de l’Assurance maladie inacceptables » et lui demande de revoir sa copie d’ici le 19 janvier, date de la prochaine réunion.

Selon le président du FSDL, Patrick Solera, le prix moyen d’une couronne céramométallique (parmi les plus utilisées) se situe dans « une fourchette de 500 à 700 euros » suivant les régions. Or, l’Assurance maladie propose de plafonner les tarifs à environ 500 euros.

« Du jour au lendemain les deux tiers des dentistes vont devoir baisser (ces) honoraires de 20 à 30% », affirme-t-il, des chiffres que l’Assurance maladie conteste.

Les revalorisations des soins de base (conservateurs) prévues en contrepartie du plafonnement des tarifs sont insuffisantes, juge le syndicat.

« On nous propose des revalorisations de 30% en moyenne, alors qu’il faudrait tripler » le montant des tarifs, s’indigne M. Solera, prenant pour exemple la dévitalisation d’une molaire dont le tarif proposé passerait « de 82 à 90 euros ».

Autre grief : le barème des actes du panier de soins pour les bénéficiaires de la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) est « loin de la réalité des coûts », selon la CNSD. « C’est la profession qui supporte une partie de la prise en charge de leurs soins », souligne sa présidente, Catherine Mojaïsky.

« Si on veut prendre en charge cette population précaire, il est normal qu’il y ait un geste supplémentaire », ajoute-t-elle.

Enfin, les incitations pour favoriser les pratiques innovantes moins traumatisantes sont « quasi-inexistantes », estime la CNSD, qui souhaite une « réforme d’envergure » avec des moyens « dignes d’une médecine du XXIe siècle ».

Lors de la dernière réunion mi-décembre, l’Assurance maladie et les complémentaires santé avaient mis sur la table des négociations une enveloppe de 743 millions d’euros (dont 535 millions pour l’Assurance maladie), alors que les syndicats avaient évalué à 2,5 milliards d’euros le montant nécessaire pour la revalorisation de leurs actes.

« Près de 65% de cet effort financier se traduirait par une baisse du reste à charge des assurés et les 35% restants par une augmentation des honoraires des chirurgiens-dentistes », fait valoir la Cnamts.

Selon elle, en l’état actuel des propositions, seulement 18% des chirurgiens dentistes subiraient une perte de revenus supérieure à 2%.

Deux dernières séances sont prévues les 19 et 20 janvier. D’ici là, l’Assurance maladie adressera un projet « complété prenant mieux en compte leurs demandes de valorisation de certains actes innovants », a précisé cette dernière à l’AFP.

Faute d’accord au 1er février, un règlement arbitral interviendra.

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