Négociations SNCF/rail: intersyndicale mercredi sur des « suites » pour « maintenir la pression »

PARIS, 1 avril 2016 (AFP) – Les quatre syndicats représentatifs à la SNCF se retrouveront mercredi pour discuter de « suites unitaires » permettant de « maintenir la pression » dans les négociations en cours, à la SNCF et au sein de la branche, sur les règles de travail, ont indiqué à l’AFP vendredi plusieurs syndicats.

L’intersyndicale sera l’occasion de « proposer aux cheminots des suites unitaires à nos actions et amplifier le rapport de force pour gagner », écrit la CGT dans un tract.

La CGT, l’Unsa, SUD et la CFDT seront auparavant reçus lundi par la direction de l’entreprise, ont précisé l’Unsa et la CFDT. Ce rendez-vous fait suite à une nouvelle « Demande de concertation immédiate » (DCI), préalable à tout dépôt de préavis de grève, déposée le 25 mars par les quatre organisations.

La précédente DCI avait été suivie d’un appel commun à la grève le 9 mars, qui avait été fortement suivi par les cheminots.

Mais les syndicats s’étaient ensuite divisés, l’Unsa et la CFDT refusant d’emmener les personnels à la grève le 31 mars pour éviter de « mélanger » la défense des conditions de travail des cheminots avec la mobilisation contre le projet de loi travail.

Jeudi, 24,2% des personnels de la SNCF étaient en grève, selon l’entreprise (40% d’après la CGT), 35,5% le 9 mars (50% selon le syndicat).

Les cheminots redoutent une dégradation de leurs conditions de travail à l’occasion de l’élaboration du futur cadre social commun au secteur (privé/SNCF, fret/voyageurs) en vue de l’ouverture totale à la concurrence.

Des négociations sont en cours pour bâtir une convention collective commune et des discussions ont également débuté à la SNCF sur l’organisation du temps de travail. Les deux négociations doivent être conclues avant fin juin.

Dans leur nouvelle DCI, consultée par l’AFP, les syndicats réclament notamment que la convention de branche soit calquée « a minima » sur la règlementation actuelle SNCF.

« On veut maintenir la pression sur les négociations » pour « que l’UTP (qui regroupe la SNCF et ses concurrents privés) et la SNCF n’arrivent pas avec des propositions au ras des pâquerettes », a expliqué à l’AFP Roger Dillenseger (Unsa).

Le 5 avril, veille de l’intersyndicale, l’UTP doit transmettre ses premières propositions en matière de temps de travail, « on verra leur état d’esprit », commente Didier Aubert (CFDT).

Si les négociations ne permettaient pas de « déboucher sur un haut niveau social », les deux responsables n’excluaient pas une nouvelle grève en avril ou mai.

shu/jg/ct