Nokia: la restructuration suspendue jusqu’à une réunion tripartite le 2 octobre

PARIS, 19 septembre 2017 (AFP) – L’équipementier télécoms finlandais Nokia a annoncé mardi la suspension de son plan de suppression de près de 600 emplois en France jusqu’à la tenue d’une réunion de suivi le 2 octobre avec le gouvernement et les syndicats.

« Une réunion de suivi est prévue le 2 octobre entre les représentants du gouvernement, la direction de Nokia et les partenaires sociaux. La procédure de consultation sur le plan de transformation est suspendue jusqu’à cette date » a déclaré à l’AFP la direction de Nokia France.

La direction confirme ainsi les déclarations du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, Benjamin Griveaux, à l’issue d’une rencontre mardi matin.

« Il y a une suspension du plan de sauvegarde de l’emploi à minima jusqu’à la tenue de cette réunion que je présiderai le 2 octobre à Bercy », a dit M. Griveaux.

« La mise en place de ce projet est essentielle pour assurer la compétitivité de l’entreprise, il est donc important de se donner le temps de bien l’expliquer », a ajouté par ailleurs Nokia France dans un communiqué.

L’équipementier a annoncé le 6 septembre la suppression de 597 emplois d’ici 2019 dans ses filiales Alcatel Lucent International et Nokia Solutions and Networks (NSN) basées à Paris-Saclay (Essonne) et Lannion (Côtes d’Armor), sur un effectif total de 4.200 personnes.

Il ne s’agit pas d’une suspension de la procédure en tant que telle mais simplement d’un « report du début officiel de la procédure après la réunion tripartite », a précisé à l’AFP Pascal Guihéneuf (CFDT).

Cela signifie que le délai de quatre mois pour la procédure du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) ne commencera qu’après le rendez-vous du 2 octobre, et non ce mardi comme initialement prévu, a-t-il ajouté.

Le comité central d’entreprise (CCE) de Nokia France a commencé lundi à examiner le PSE.

Les deux autres filiales du groupe en France, Alcatel-Lucent Submarine Networks (câbles sous-marins) et RFS (radiofréquences) ne sont pas concernées par ce « projet d’évolution », justifié par le plan de la maison mère de dégager 1,2 milliard d’euros d’économies d’ici 2018, selon la porte-parole de Nokia France.

« On a donné un peu de temps au temps », comme les syndicats le demandaient, « ça veut dire que ça bouge », a commenté M. Guihéneuf.

« Il est absolument fondamental que, quand une entreprise, un groupe international comme Nokia, prend des engagements vis-à-vis de l’Etat, ces engagements soient tenus, c’est aussi simple que ça », a ajouté le secrétaire d’Etat.

Le groupe finlandais avait pris l’engagement, lors du rachat du franco-américain Alcatel-Lucent en 2015, de renforcer le secteur de la recherche et développement pour le porter à 2.500 ingénieurs et chercheurs à fin 2019.

Dans son communiqué, la direction a confirmé tant ses engagements, qui passe par le « recrutement de 500 ingénieurs de recherche et développement qui doit être finalisé d’ici fin 2018 », que le PSE qui « pourrait entraîner une réduction de 597 postes » en 2018 et 2019.

Les effectifs actuels des quatre filiales du groupe en France s’élèvent à 5.260 salariés.

els-arz-sp/fka/jpr