Nokia: les syndicats demandent une « baisse drastique » des supressions d’emplois

PARIS, 3 octobre 2017 (AFP) – Les syndicats du groupe Nokia demandent mardi une « baisse drastique » des suppressions d’emplois au lendemain de la confirmation par l’équipementier télécoms de son intention de supprimer près de 600 emplois.

L’intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CGT) demande dans un communiqué « la remise à plat du Plan de sauvegarde de l’emploi avec a minima une baisse drastique des suppressions d’emplois et aucun licenciement coercitif ».

« La direction peine à justifier ce plan constitué essentiellement de délocalisations alors même que le groupe a présenté en 2016 des résultats opérationnels ainsi qu’une trésorerie confortables et distribué 4,4 milliards d’euros aux actionnaires », dénoncent les syndicats.

Ils ajoutent avoir « interpellé les groupes parlementaires de l’Assemblée Nationale pour les alerter sur le devenir des emplois de haute technologie en France ».

Lundi lors d’un comité de suivi autour du secrétaire d’Etat à l’Economie, Benjamin Griveaux, la direction du groupe a confirmé la suppression de 597 emplois d’ici 2019 dans ses filiales Alcatel Lucent International et Nokia Solutions and Networks (NSN) basées à Paris-Saclay (Essonne) et Lannion sur un effectif total de 4.200 personnes. Quelque 400 postes avaient déjà été supprimés l’an dernier.

Quelque 330 embauches en R&D devraient également être réalisées assez rapidement et 500 à moyen terme, avaient indiqué lundi les syndicats.

La direction a affirmé lundi avoir « démontré que l’ensemble des engagements pris auprès du gouvernement au moment du rachat d’Alcatel-Lucent seraient tenus ».

Lors de l’annonce de ce PSE, le 6 septembre, l’intersyndicale avait dénoncé les « engagements non tenus » par la direction de maintenir les effectifs au niveau de « 4.200 salariés jusqu’à fin 2017 ».

Le groupe, qui emploie 5.260 salariés en France, avait également pris l’engagement en 2015 de renforcer le secteur de la recherche et développement pour le porter à 2.500 ingénieurs et chercheurs à fin 2019.

Or, les effectifs actuels sont de « 3.941 » et « seulement 20 % des 500 recrutements nécessaires ayant été réalisés à ce jour », avaients dénoncé les syndicats.

Ce « projet d’évolution » est justifié par le plan de la maison mère de dégager 1,2 milliard d’euros d’économies d’ici 2018.

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