Nokia: « Plus rien à perdre ! » prévient l’intersyndicale

PARIS, 6 juillet 2020 (AFP) – Les syndicats d’Alcatel-Lucent, filiale du Finlandais Nokia, réunis lundi en CSE central pour évoquer un plan de suppression de 1.233 emplois en France, ont prévenu qu’ils n’avaient « plus rien à perdre », un message amer adressé à Nokia mais aussi « au gouvernement » français.

« C’est un marché de dupes (…) On n’a plus rien à perdre », a déclaré Frédéric Aussedat (CFE-CGC), lors d’une conférence de presse de l’intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT) à l’issue de la première journée de ce CSE central qui doit se poursuivre mardi.

« Le gouvernement prétend diriger mais dit qu’il ne peut rien faire, on est dans la trahison », a-t-il ajouté, tandis que d’autres évoquaient des « actions de protestation » à venir, sans préciser lesquelles.

Selon Claude Josserand (CGT), cette réunion « a confirmé les craintes » mais n’a pas permis aux syndicats d’obtenir les éclaircissements qu’ils souhaitaient « sur les raisons économiques du plan et la nature des postes concernés ».

« Le groupe n’est pas en difficulté financière et il n’a été question que de +défragmentation+, c’est à dire que toute activité un peu isolée doit être regroupée soit dans des pays à bas coût, en Inde ou en Pologne, soit aux États-Unis, en Allemagne et en Finlande », a-t-il ajouté.

« 700 jeunes embauchés sont les premiers qui risquent d’être licenciés », a déploré M. Josserand, en rappelant qu’Emmanuel Macron, s’était « engagé » au maintien de 2.500 salariés dans la recherche et le développement lors du rachat d’Alcatel-Lucent par Nokia qui a reçu 280 millions d’euros de crédit impôt recherche (CIR) en 4 ans, selon lui.

« Deux camps s’affrontent. Une vraie colère monte (…) C’est du France bashing ! », alors que l’avenir des sites reposait sur « la 5G » et « la cybersécurité », a renchéri M. Aussedat (CFE-CGC).

Après celles de Nozay (Essonne) mardi et Lannion, samedi, qui a réuni entre 3.500 et 5.000 personnes, une nouvelle manifestation des salariés est prévue mercredi à Paris, en présence de « salariés de Lannion », ont rappelé les syndicats.

L’équipementier télécoms Nokia prévoit de supprimer 402 postes à Lannion (Côtes-d’Armor) et 831 à Nozay (Essonne) en 2021 dans le cadre d’un plan de départs volontaires et avec « des solutions de reclassement », selon la direction.

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