Nokia: près de la moitié des postes supprimés en France et délocalisés, selon la CGT

PARIS, 24 juin 2016 (AFP) – Près de la moitié des quelque 400 postes que Nokia va supprimer en France dans le cadre des réductions d’effectifs annoncées après sa fusion avec Alcatel-Lucent vont être « délocalisés vers les pays à bas coût », a affirmé vendredi la CGT, en dénonçant des « licenciements boursiers ».

Les 411 postes qui vont être supprimés dans l’Hexagone « ne disparaissent pas du fait de doublons résultant du rachat du groupe », a indiqué la CGT dans un communiqué. « Plus de 45% » seront « délocalisés vers les pays à bas coût (Inde, Roumanie, Hongrie, Pologne, Portugal…) », écrit le syndicat, qui s’appuie sur les justifications économiques fournies par la direction.

En annonçant début avril des réductions d’effectifs, le géant finlandais des équipements pour les télécoms avait souligné qu’elles interviendraient « pour une large part dans des secteurs où existent des doublons ». En France, la direction les justifie notamment « par la disparition du siège » français, selon le syndicat.

Les 411 postes supprimés dans l’Hexagone le seront chez Alcatel Lucent International (373), Nokia France (26) et Bell labs France (12), détaille la CGT.

En parallèle, Nokia envisage la « création de 337 postes en recherche et développement (R&D) », avait indiqué en avril l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CGT, CFTC.

La procédure d’information consultation sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a démarré début mai, a précisé à l’AFP Claude Josserand, délégué CGT. Le comité central d’entreprise doit rendre son avis le 6 septembre.

« On part sur du volontariat, mais on est persuadé que ça finira par des licenciements », faute de volontaires au départ en nombre suffisant, a-t-il ajouté.

Pour la CGT, ce plan « révèle une nouvelle fois les règles insupportables des licenciements boursiers: absorber, concentrer, délocaliser toujours plus pour dégager plus de profit ». Le gouvernement doit « cesser d’arroser de fonds publics » (Crédit impôt recherche, CICE) les entreprises « qui licencient et délocalisent les emplois ».

Nokia s’était engagé à créer quelque 500 postes dans la R&D en France au moment de l’achat d’Alcatel-Lucent ainsi qu' »au maintien de 4.200 salariés a minima durant deux ans », avait rappelé l’intersyndicale en avril. « Nous serons très vigilants sur la tenue de ces engagements », avaient ajouté les syndicats.

Ils doivent être reçus lundi, avec la direction de l’entreprise, au ministère de l’Economie.

sp/jg/sd