« Nos centres de distribution sont sûrs », martèle Amazon France

PARIS, 28 avril 2020 (AFP) – « Nos centres de distribution sont sûrs », a répété à plusieurs reprises le directeur général d’Amazon France Frédéric Duval mardi devant la commission des affaires économiques du Sénat, alors que le géant américain de la logistique a suspendu jusqu’au 5 mai l’activité de ces centres en France.

« Nos centres de distribution sont sûrs, je ne comprends pas pourquoi nous en sommes arrivés là, je ne comprends pas l’initiative de nos partenaires sociaux et le jugement nous laisse perplexe, mais nous allons l’appliquer », a notamment déclaré Frédéric Duval lors de cette audition par vidéoconférence, initialement programmée le 22 avril mais qui avait été ajournée dans l’attente d’une décision de justice.

Le 24 avril, la Cour d’appel de Versailles a confirmé l’avis du 14 avril du tribunal de Nanterre et donné raison aux syndicats qui réclamaient une réelle évaluation des risques liés au nouveau coronavirus au sein des sites français de l’entreprise.

La Cour d’appel a en outre précisé et élargi la liste des produits qu’Amazon peut continuer à livrer dans l’attente de cette évaluation, produits high-tech, informatique, bureau et « Tout pour les animaux », santé et soins du corps, homme, nutrition, parapharmacie, ainsi qu’épicerie, boissons et entretien.

En réaction, l’entreprise a étendu jusqu’au 5 mai la fermeture de ses centres de distribution français, « un taux infime de traitement accidentel de produits non-autorisés, de l’ordre de 0,1% », l’exposant potentiellement à « une pénalité de plus d’un milliard d’euros par semaine », regrettait Amazon dans un communiqué lundi.

Face aux parlementaires, Frédéric Duval n’a pas été en mesure de donner de date de réouverture, alors que les clients français restent approvisionnés par le géant de la logistique américain via ses sites de distribution dans les pays limitrophes.

« Expédier depuis d’autres pays coûte un peu plus cher », a déclaré mardi le dirigeant.

Concernant la décision de justice, Frédéric Duval a estimé qu’elle ne « remet pas en cause le fait que la sécurité de nos salariés soit effective », mais dit que « la forme avec laquelle nous avons associé nos salariés (aux décisions sur les mesures sanitaires, ndlr) n’était pas la bonne ».

« C’est cette forme qui nous est reprochée, et non pas le fond. Sur le fond, nos centres de distribution sont sûrs. L’ensemble des mesures que les agences sanitaires nous ont demandées ont été appliquées », a encore assuré le dirigeant d’entreprise.

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