Nouveau débrayage de salariés des chantiers navals STX de Saint-Nazaire

 

18/05/2017 – Dialogue et relations sociales – Salaires et conditions de travail

SAINT-NAZAIRE, 18 mai 2017 (AFP) – Environ 200 salariés des chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), qui doivent être repris par le constructeur italien Fincantieri, ont débrayé jeudi matin, en plein conflit social avec la direction pour une prime salariale, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les salariés, en tenue de travail, se sont rassemblés dans la matinée devant le bâtiment de la direction, à l’occasion de la tenue d’un comité d’entreprise, qui a notamment abordé la cession à Fincantieri des parts détenues par STX.

La CGT, première organisation syndicale du chantier naval, avait appelé à ce nouveau débrayage, pour réclamer le versement d’une prime d’intéressement pour la construction du paquebot géant MSC Meraviglia, que STX France doit livrer à l’armateur italo-suisse MSC Croisières le 31 mai.

Ce mouvement social, marqué depuis le 10 avril par de nombreux débrayages et soutenu par la CGT, s’est durci dans la nuit du 3 au 4 mai, avec la mise en grève de la trentaine de salariés de l’atelier d’usinage du chantier naval, où sont découpées les pièces en acier pour les navires. Il paralyse par conséquent la production dans d’autres ateliers, à court de matières premières.

Cette grève a déjà un impact sur la construction du paquebot connu sous le nom de « J34 », un paquebot de nouvelle génération conçu pour la compagnie américaine Celebrity Cruises, et pour les entreprises sous-traitantes, selon les syndicats.

« La direction nous a dit qu’il y a 10 jours de retard sur le J34. Même si le travail reprend, c’est évident que le retard ne sera pas rattrapé. Mais la grève a pour but d’impacter la production », a déclaré Sébastien Benoît, secrétaire général de la CGT chez STX, demandant à la direction de « prendre sa responsabilité sociale » à la sixième semaine du conflit.

La direction de STX avait réuni les syndicats lundi pour trouver une issue au conflit, et proposé la restitution de jours équivalents à des RTT, gelés depuis 2015, une mesure insuffisante pour la CGT et les salariés qui avaient voté la poursuite de la grève.

Mis en vente par le groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding, le chantier naval de Saint-Nazaire, qui emploie 2.600 salariés et fait travailler environ 5.000 employés d’entreprises sous-traitantes doit être repris par le groupe italien Fincantieri.

Les élus du comité d’entreprise ont majoritairement rendu jeudi un avis défavorable à la cession à Fincantieri de 66,6% des parts détenues par STX dans le chantier naval de Saint-Nazaire, les 33,3% restantes appartenant à l’Etat français. Cet avis est purement consultatif. Les syndicats CGT et Force ouvrière, qui ont respectivement quatre et un élus, ont ainsi rendu un avis défavorable, les syndicats CFDT (trois élus) et CFE-CGC (un élu) ont quant à eux « pris acte » de la cession, a-t-on appris de sources concordantes.

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