Nouvelles formes de travail: Pénicaud « très preneuse d’une négociation interprofessionnelle »

PARIS, 14 septembre 2017 (AFP) – La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, s’est dite jeudi « très preneuse » d’une négociation interprofessionnelle sur les nouvelles formes de travail, à l’occasion des 50 ans de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).

Evoquant « les nouvelles formes de travail » et « les plateformes », Mme Pénicaud a dit être « très preneuse » d’une « négociation interprofessionnelle » qui puisse « nous éclairer  » sur ce sujet, a lancé la ministre en clôturant une matinée anniversaire qui se tenait au Sénat.

« On ne peut pas rester dans la situation de flou où on est aujourd’hui », a-t-elle affirmé.

Mme Pénicaud a rappelé que la « transformation technologique permanente » entraînerait dans les 10 ans à venir la suppression de « 10 à 15% d’emplois », alors que « 15 à 20% » seraient crées et « 50% profondément transformés ».

« Tous les métiers quasiment aujourd’hui sont impactés », a-t-elle affirmé.

La ministre est intervenue après une table ronde qui réunissait syndicats et patronat. Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, à la tête de la fronde contre la réforme du droit du travail, a d’ailleurs ironisé sur la photo « collector » réunissant l’ensemble des leaders syndicaux et patronaux, dont Laurent Berger (CFDT), Philippe Louis (CFTC), François Hommeril (CFE-CGC), mais aussi Pierre Gattaz (Medef) ou François Asselin (CPME).

MM. Martinez et Berger n’ont pas caché qu’ils avaient dû « motiver leurs troupes » pour commencer à se pencher sur la question des droits de ces nouveaux travailleurs, comme les coursiers à vélo de Deliveroo qui livrent des repas à domicile.

La table ronde a également été l’occasion de défendre l’efficacité du dialogue social, à l’heure où la réforme controversée du code du travail prévoit de le « renforcer ».

Les ordonnances « soldent quatre ans de négociations » entre partenaires sociaux, a ainsi défendu Philippe Louis, président de la CFTC.

Pascal Pavageau, responsable FO et pressenti pour remplacer Jean-Claude Mailly à la tête du syndicat, a toutefois regretté que les syndicats ne soient « pas plus allant en termes d’agenda social ».

« On n’a pas besoin d’un gouvernement, quel qu’il soit, pour nous dicter l’agenda social. Nous sommes libres pour pouvoir fixer les champs de négociation que nous voulons avoir », a-t-il insisté.

Sur le fond de la réforme, Laurent Berger s’est interrogé sur les moyens accordés à la future entité qui fusionnera les instances représentatives du personnel. « La fusion a du sens », a-t-il dit, mais « à une seule condition: qu’on donne le pouvoir aux représentants des salariés. Et là, il y a une inconnue », a-t-il regretté.

De son côté, Pierre Gattaz a estimé que les ordonnances allaient « dans le bon sens » et qu’il s’agissait d’une « première étape ». Il a assuré être « tout à fait contre l’ultra-libéralisme »: « on veut 5% de chômage (au lieu de 9,5% actuellement, NDLR), mais on veut des emplois très bons, pas des emplois précaires », a-t-il insisté.

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