Nucléaire: Sud dénonce le chômage partiel à Orano La Hague

CAEN, 3 avril 2020 (AFP) – Le syndicat Sud d’Orano La Hague a dénoncé vendredi des mesures de chômage partiel liées au coronavirus mettant selon lui en cause la sûreté de ce vaste site nucléaire, ce que dément vivement la direction.

« La situation est grave », « si Sud comprend les mesures d’activité partielle à la vue de la situation, il est inentendable qu’elles s’appliquent à des salariés étant sur des postes de sûreté/sécurité! », affirme le syndicat dans un communiqué.

Interrogé par l’AFP, le syndicaliste Sud Eric Gyurjan a affirmé qu’un quart de ces salariés, soit 150 personnes, étaient en chômage partiel. Selon lui, aucune ne devrait l’être.

Interrogée à son tour par l’AFP, la direction de l’usine de retraitement des déchets nucléaires a de son côté jugé « irresponsables » ces propos. « Il y a des salariés qui sont effectivement en activité partielle et un accord est en train d’être négocié au niveau du groupe pour discuter des mesures d’accompagnement des salariés », a indiqué le service communication de l’usine sans préciser le nombre de salariés concernés à la Hague.

Mais « en aucun cas, la sûreté des installations n’est remise en cause », a ajouté la service communication, ajoutant que « Sud ne fait partie des instances représentatives du personnel » à la table des discussions.

« On a sur site les effectifs requis pour assurer en toutes circonstances la sûreté et la surveillance de nos installations. Nous avons également des salariés réservistes qui sont prêts à rejoindre le site en cas de besoin », assure la direction.

Pour Sud, mettre en chômage partiel ces 150 personnes, « c’est ridicule par rapport à l’impact que ça peut avoir sur la sûreté/sécurité. C’est de l’économie de bout de chandelle » par rapport aux « 9 milliards de dettes qu’on a », a estimé M. Gyurjan.

Site qui concentre le plus de matière radioactive en Europe, Orano (ex-Areva) La Hague employait au 31 décembre 2.808 personnes en CDI.

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