Oppresseur ou protecteur ? Le 8e festival Filmer le travail pose la question

PARIS, 8 février 2017 (AFP) – Le travail peut protéger mais aussi être source de précarité ou de danger, comme le montrent les documentaires et fictions retenus pour la 8e édition du festival Filmer le travail, qui débute vendredi à Poitiers.

« Multiplier les regards » sur le réel, tel est l’objectif revendiqué par Maïté Peltier, la programmatrice, qui a sélectionné une cinquantaine de films français et étrangers dont 22 sont en compétition pour le Grand prix. Des choix qui « nous interrogent sur la dualité du travail », explique-t-elle.

« Zona Franca », documentaire de Georgi Lazarevski présenté en ouverture et en avant-première, plantera le décor en explorant la violence sociale enracinée en Patagonie, à travers l’isolement d’un chercheur d’or, d’un chauffeur routier et d’une jeune vigile.

Le travail peut aussi être facteur de risques physiques rappellera le documentaire « Sentinelles » de Pierre Pezerat, qui retrace le combat d’ouvriers de l’industrie et de l’agriculture contre l’amiante et les pesticides.

Un mal parfois invisible mais souvent irréparable, filmé dans plusieurs pays. Au Japon, Marc Olexa et Francesca Scalisi ont suivi dans « Demi-vie à Fukushima » un fermier décidé à rester sur sa terre contaminée par la catastrophe, et au Niger, la réalisatrice Amina Weira revient dans sa ville d’origine, Arlit, pour recueillir les témoignages des anciens mineurs d’uranium avec « La colère dans le vent ».

« Ce sont des constats douloureux mais nécessaires », commente Maïté Peltier qui souhaite « donner la parole à de grands témoins ». A ces films répondent des documentaires montrant le travail comme moyen d’émancipation, tourné vers l’avenir et l’innovation.

C’est le cas des « Serviteurs du sol » de Léo Leibovici, croisant le parcours d’un maraîcher et d’agronomes engagés dans la permaculture en Normandie, ou de « Wild plants » de Nicolas Humbert, qui dresse le portrait de jardiniers urbains à Detroit. Des films qui « prennent le temps de la réflexion et de l’immersion en les associant à des initiatives positives », relève la programmatrice.

Le spectateur pourra découvrir des films « méconnus mais de grande qualité », explique Maïté Peltier, comme « La Permanence » d’Alice Diop s’immergeant dans la vie de l’hôpital Pompidou ou encore « Rough Stage », de Toomas Järvet, qui suit un ingénieur électricien montant un spectacle en Palestine.

Pendant la durée du festival, du 10 au 17 février, le cinéma espagnol sera par ailleurs mis à l’honneur à travers sept long-métrages datant des années 1980 à nos jours.